Des souvenirs de Terves, des souvenirs pour tous

Des souvenirs en cascade, qui affluent dans un enchaînement obscur. Celle d’une personne, d’un homme, Jérôme, qui se souvient. Ses souvenirs déferlent de toute part, sans logique, ni ordre chronologique. Des souvenirs qui surgissent par de mystérieux rapports d’idées et attirent le public dans un univers, une vie à Terves.

Des lettres d’anniversaire de sa grand-mère, les vaches de son grand père, des tournois de belote de sa ville natale, Terves si près et en même temps si loin de Niort. Déjà le public à ces énonciations, de près ou de loin se reconnait quel que soit son âge. Parmi une assistance pourtant très variée, chacun reconnait en cette jeunesse à Terves sa propre histoire, d’ici ou d’ailleurs. Il y a aussi, honteuses ou joyeuses, les évocations des questions d’enfant, puis d’adolescents, les grandes questions qui marquent toute vie. Comment on fait les enfants ? Comment s’y prendre pour embrasser, avec la langue ? Immanquablement, toute génération s’y trouve confrontée.
Du côté des adultes, des anciens, les personnages de la vie de Jérôme, se succèdent sur scène, reviennent et se confondent entre deux souvenirs qui se suivent. Ces figures qu’on a envie d’imiter et même d’exagérer. Leurs mimiques, leurs phrases. Un immense roman photo qui n’a pas pu être classé, narré par le personnage et commenté sur l’écran où défilent les images qui illustrent l’intériorité du personnage, plus ou moins déformées par la mémoire. Leur décalage renforce l’état d’esprit de chaque pensée de Jérôme, la première fille embrassée est la conquête d’un mont, l’arrivée à son point culminant. Les exploits ne s’arrêtent pas au quotidien et certains sauts dans le temps permettent une petite incision dans l’actualité brûlante, sans jamais ralentir la vivacité et l’humour qui surgissent de la mémoire de Jérôme.

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-Clotilde-

Rires, applaudissements, agitation… dans la salle, la légèreté de tous ces souvenirs innocents, anime et rappelle ces petites étincelles de vie qui prennent tant de formes et constituent chaque personne, petit à petit, dans l’accumulation de tous ces instants.