Du soleil plein les oreilles

Le public présent ce soir-là était éclectique, il y avait des habitués, des lycéens, des étudiants, de jeunes couples amoureux et de moins jeunes couples toujours amoureux, je l’espère. Tous étaient prêts à bronzer sous des symphonies inspirées par des paysages du sud et des personnes venues de pays chaudement ensoleillés.

Un peu de médiation culturelle ne fait de mal à personne

Le concert a commencé avec l’Ouverture de la clémence de Titus et la symphonie n°35 en Ré majeur « Haffner » de Mozart dont je me suis délectée malgré mes rêvasseries dues à une rude journée de travail.

A la fin de l’entracte, un homme fait son apparition sur scène une fois les musiciens et le chef d’orchestre installés. Sa mission était de nous faire une introduction sur Jean-Louis Florentz, le feu compositeur du poème symphonique qui allait être joué. Introduction fort utile et intéressante. Nous apprenons que Jean-Louis Florentz était un homme très curieux, passionné, et pas seulement de musique. Il avait de multiples passions toutes plus ou moins en rapport avec les voyages. Il aimait l’étude de la nature, et des oiseaux par exemple. Et lors d’un voyage à Madagascar il fût bouleversé par le chant enfantin d’une petite malgache. A son retour en France il chercha des écrits poétiques malgaches qui se rapprochaient de ce qu’il avait éprouvé sur cette plage à l’écoute du chant de l’enfant. Il arrêta son choix sur Jean-Joseph Robearivelo.
A partir de cette expérience émouvante et des textes de ce poète, Jean-Louis Florentz composa une « poésie purement sonore ».
Le médiateur culturel nous expliqua le rôle des différents instruments : la trompette qui joue l’enfant devenu adulte, les violons qui jouent les chants des enfants, les autres cuivres qui font le bruit des vagues, etc... Son explication était ponctuée de courts extraits du poème symphonique. Ses explications prenaient tout leur sens et nous entendions effectivement les vagues ou les oiseaux.

Les détectives sont partout !

Mais il n’y a rien à faire, là où il faut entendre le chant des petits oiseaux malgaches, moi j’entends les sons aigus qui caractérisent le suspens d’une fiction policière. La musique classique est surtout présente dans les films et les téléfilms, c’est dur de s’enlever ces images de la tête ! La médiation culturelle n’a alors pas été veine, grâce à l’histoire de la création du poème symphonique je suis parvenue à me focaliser sur des images plus ensoleillées, aquatiques, à me plonger dans l’océan indien et à me laisser bercer par le bruit des vagues qui s’entrechoquent sur les rochers.

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Un peu de frisson pour finir en beauté

Et cette fois je ne parle pas de frissons causés par trop de suspens, mais bel et bien de frissons provoqués par la beauté d’une œuvre magistrale.

La soirée s’achève sur le Boléro de Ravel que j’ai écouté maintes et maintes fois et que j’ai pu apprécier pour la première fois en direct. Cette fois ce sont des images de danseurs que j’avais en tête, notamment le danseur et chorégraphe Maurice Béjart qui marqua un tournant dans l’Histoire de la danse avec son interprétation chorégraphique du Boléro.

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Morceau d’une beauté simplement efficace, émouvante et enivrante. Nous sommes en contemplation devant une œuvre magnifiquement abordable par sa simplicité. La musique classique c’est aussi ça et ça fait du bien de se le rappeler !

Noémie