Duo pour violon seul – Théâtre Cyclope

C’est grâce au titre que mon choix d’aller voir cette pièce s’est fait.
L’histoire, c’est celle d’une violoniste, Stéphanie Abrahams, mariée à un célèbre compositeur frappée de la sclérose en plaque. Ne pouvant donc continuer à pratiquer le violon, celle-ci organise sa nouvelle vie autour de celle de son mari, elle décide, d’après les conseils de celui-ci, d’aller voir un psychiatre, d’une certaine renommée, le docteur Feldman, afin de pouvoir prévenir certains troubles psychologiques liés à la condamnation de sa maladie.

La pièce sera donc un enchaînement d’entretiens plus ou moins longs déterminés par la patience de chacun des protagonistes face à l’évolution de l’état de Mme Abrahams.
Tout se passe dans le cabinet de consultation du Dr Feldman.
D’après ce que l’on observe au premier abord, le Docteur est un homme aimant la musique classique, et particulièrement le violon.
Cela permet à plusieurs reprises, lors des entretiens, aux deux personnages de se raccrocher à cette passion commune afin de pouvoir remettre une fréquence communicative saine dans des discussions ponctuée par les troubles de la patiente mis en avant par le psychiatre.
Le travail de celui-ci est très clair et l’on en apprend beaucoup sur la nécessité de chercher en quoi le sentiment de mal-être, parfois refoulé, est déterminé par des évènements passés qui agisse sur le plus profond du patient sans même qu’il ne s’en aperçoive.
Le travail commence donc par des interrogations assez banales mais qui donnent une bonne trame sur la recherche des maux enfouis.
Ces maux seront mis en avant un par un au fil des entretiens, permettant une remise en question de la patiente, bien illustrée par son évolution vestimentaire et comportementale. Alors que Mr Feldman reste une base saine et pratiquement toujours stoïque.

Le travail apporté à la mise en scène des acteurs, ainsi que la place des objets, dont le fameux fauteuil roulant a été minutieusement pensé pour répondre aussi à cette idée d’avancement dans la thérapie.
L’histoire s’étant inspirée de fait réels, du tragique destin de Jacqueline Dupré, grande violoncelliste décédée de la sclérose en plaque en 1987. Cela donne de la crédibilité naturelle à l’intrigue.
L’on rajoute à ces évènements un jeu d’acteur sans fausses notes.
J’apporte souvent de l’importance au vocabulaire, celui utilisé tout au long de la pièce est riche et toujours bien tourné. Il vous arrivera peut-être à certains moments de ne pas réellement connaître la définition exacte de certains mots mais le contexte vous aidera à y trouver un sens. J’y ai même redécouvert certains obsolètes pour nos vies quotidienne.

Ceci, permet de pouvoir ressortir de la pièce avec un sentiment d’avoir appris, en tout cas de ne pas avoir perdu son temps, grâce a l’apprentissage des méthodes de recherche du Docteur Feldman.
Les différents tons utilisés par les personnages, autres repères dans l’état psychologique de la patiente et dans le travail du docteur, ont été aussi ajustés très proprement ce qui donne une bonne rythmique.
Des indices importants nous sont divulgués tout au long de la pièce sur le pourquoi de ces interrogations.
On comprend comment, certaines fois, des faits insignifiants peuvent orienter notre façon de vivre ou notre façon d’interpréter les choses.
Le rôle de la patiente est sûrement le plus évolutif et demande une adaptabilité par l’actrice, Laure Mounier, qui s’en sort mieux que bien.
Je ne tarirais pas d’éloges non plus pour l’interprétation du psychiatre, Samuel Découx, pour qui une discussion se transforme à plusieurs passages en joutes verbales haletantes.

Pour conclure, un rapport très complice entre ces deux personnages.
Un moment instructif et enrichissant.

Les dates de représentations sont les suivantes :

Au théâtre Cyclope – Rue du maréchal Joffre - (02.51.86.45.07) :

  • vendredi 22 novembre à 21h
  • samedi 23 novembre à 21h
  • dimanche 24 novembre à 17h

Au Dix – 10 place des garennes – (06.67.49.43.73) :

  • mardi 21 janvier à 20h30

Au théâtre du sphinx – 9 rue Monteil – (02.40.89.19.09)

  • vendredi 14 mars à 21h
  • samedi 15 mars à 21h
  • dimanche 16 mars à 17h

Et au TNT – 11 allée de la maison rouge – (02.40.12.12.28)

  • du mardi 25 mars au samedi 29 mars à 21h

Je vous invite donc vraiment à aller voir cette pièce et tiens à saluer le travail de chacune des personnes ayant eu part au projet.

Julien.