Échange culturel à ONYX

Ce soir-là ONYX a proposé un voyage culturel et géographique à travers des échanges entre les comédiens auxquels chaque spectateur pouvait librement prendre part.

Tout commence dans le hall du théâtre. Des tables et des chaises sont réparties, et en tant que spectateur on ne sait pas vraiment où prendre place. Occupée à regarder les autres spectateurs et ce hall tout noir que je découvre, je m’aperçois qu’une troupe d’hommes et de femmes s’empare de l’espace. Vêtus chaudement et inhabituellement, ils semblent arriver de très loin, de différents horizons. Ils ont l’air fatigués et marqués par la vie, comme s’ils avaient marché très longtemps. Chacun porte une boite à chaussures. Ils accrochent notre regard et nous parlent dans des langues inconnues.

Par binômes ils prennent place sur les petites tables de bistrot. Ils se saluent et saluent les spectateurs qui sont autour d’eux. Je suis à la table de « Vrona » et un jeune homme dont j’ai oublié le nom. Vrona sort de sa boite à chaussures du sable, une branche, un bout de sac poubelle et un petit sac d’eau, et, avec tout ceci, elle commence à nous conter son histoire. Elle fait des grands gestes, crie parfois, ses yeux se remplissent de joie, puis de terreur. La langue qu’elle utilise m’est inconnue pourtant je comprends très bien son histoire, que je trouve très vivante et captivante. Elle parle d’un mur, elle est du côté sec et aride et meurt de soif et de l’autre côté derrière les barbelés elle aperçoit de l’eau, elle essaye de passer mais des tirs de fusil essaye de l’en dissuader.

Tout autour d’elle d’autre histoire sont racontées, la joie, la peur, la colère et la tristesse se mêlent dans le hall d’ONYX. Chacun raconte son histoire avec les quelques souvenirs matériels qu’ils ont pu emporter en partant. Je déambule entre les tables, et je suis fascinée par la puissance de leur jeu, avec leurs accessoires si bien choisis. Les récits de vie sont poignants, vibrants de vie, d’espoir mais aussi de désespoirs. Les binômes tournent, les échanges sont riches de spontanéité.

Je trouve cependant que la place du spectateur est difficile, parfois je me sens mal à l’aise, un peu voyeuriste. Nous sommes là tous autour à les observer. Certains filment les échanges et je trouve que ça brise la spontanéité et que ce n’est pas du tout adapté à la représentation, c’est même irrespectueux.
Au bout d’une heure, quelques-uns commencent à se rassembler au fond du hall et entament une chanson. Petit à petit les conversions s’achèvent sur un fond de chant qui se fait de plus en plus présent. Cet a cappella de chœur est envoutant, chaque voix et pénétrante. Je trouve ce final vraiment magnifique et émouvant.

Le deuxième spectacle a lieu dans une salle à l’étage. Nous prenons place avec ma cousine sur les bancs sur la gauche de la salle. Un groupe de collégiens introduit le spectacle avec un interlude sur la mixité sociale et culturelle et surtout sur le principe fondamental du respect. C’est un travail intéressant mais je m’interroge sur la suite de la représentation.

Après cette petite représentation, nous avons le droit à une dégustation de délices du monde, accompagnés d’un thé à la menthe. N’ayant pas prévu de manger avant, j’ai vraiment apprécié cette initiative de l’association !

Enfin la compagnie du petit pain entre en scène pour un cabaret endiablé et complètement déluré. Les costumes sont du début du siècle précédent. Un homme monte sur une petite estrade et se met à hurler à plein poumons dans un plot de chantier, pendant que les musiciens derrière font tout pour couvrir son discours à l’aide de leur accordéon, batterie ou guitare. Je trouve ça complètement loufoque mais très drôle. C’est un mélange de chants, de musique, de danse et de comédie agrémenté de touches de numéro de clowns de cirque. Les parodies de Mickael Jackson et Elvis Presley sont très réussies.

J’ai l’impression d’être à la campagne et de participer à la fête du village. C’est très chouette comme ambiance, ils ne se prennent pas au sérieux et arrivent à faire rire les spectateurs. Ils font sauter les bouchons de bouteilles de cidre, et distribuent les verres aux spectateurs. Ils en font danser certains. Ils jouent vraiment avec le public et n’hésitent pas à lancer des bombes à eau et des confettis à travers celui-ci. Et pour clôturer le tout, ils quittent la scène en nous faisant entonner une chanson de supporters de rugby du sud de la France, qu’ils nous ont appris cinq minutes auparavant.

A la fin j’ai remarqué dans les spectateurs, les comédiens de la représentation précédente, habillés en « civils », leur prestation m’a vraiment bluffé, j’y ai vraiment cru au début.

Au final ce fut une soirée riche en émotions et très diversifiée. Je suis rentrée chez moi détendue, avec l’esprit voyageur à travers différentes cultures.

Florence