"Éclats de femmes", portraits féminins des années 50 au fil des ondes

"Éclats de femmes", 4 portraits féminins qui nous emmènent au début des années 50, entre espoir et désillusion d’un nouveau monde en marche.

Mardi 8 novembre, me voilà à l’entrée du Studio Théâtre pour aller voir Éclats de Femmes. Ce soir c’est le soir pour les scolaires, la salle est pleine de lycéenn.e.s bruyant.e.s et impatient.e.s.
Je me glisse rapidement vers une place qui me tend son dossier au premier rang.

Scène plongée dans le noir, lumière sur le public, nous partons pour un voyage en ascenseur jusqu’au 5ème étage de la Samaritaine. Et nous voilà face à elle, la TSF, notre machine à voyager dans le temps.
Sur scène un trio se met à jouer quelques uns des airs les plus connus des 50’s. Si la salle pleine d’adolescente.s reste muette, ce n’est pas le cas de ma voisine de gauche qui ne peut s’empêcher de pousser la chansonnette dès les premières notes. Le frémissement de la radio et le jingle de la publicité pour Lefèvre-Utile ne la laissent pas insensible. Je sens qu’elle sera ma caution anti-anachronisme pour la soirée.

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Photo © Anne Groisard

"Éclats de femmes" est un spectacle musical, c’est donc au grès des ondes que nous traverserons les années 50 avec Rose, Cécile, Marie-Jeanne et Albertine.

Spectacle interactif, "Éclats de femmes" mêle habilement participation du public, musique live, théâtre, montage sonore et vidéo. Le jeu parfaitement maîtrisé de Céline Bellilas, Bertand Pineau, Saloméa Durst allié à la performance des trois musiciens font de la pièce une véritable remontée dans le temps.

"Éclats de femmes", c’est quatre portraits, l’histoire de femmes qui nous livrent une part de leur vie. Elles nous comptent leurs petits et leurs grands malheurs, problèmes d’argent et peines de cœur. Au travers de leurs récits on sent le poids d’une société qui pèsent sur leurs épaules. A la sortie de la 2ème guerre mondiale, le monde est en plein changement et leurs vies oscillent entre espoir et désillusions.

Si les témoignages sont touchants, le texte manque cependant de profondeur. Moi qui m’attendais à des récits de vie bouleversants, je suis déçue face aux quatre tableaux stéréotypés et superficiels. Finalement, aucune de ces femmes n’arrive à s’émanciper ou à maîtriser sa vie. Certes les années 70 sont encore loin mais on n’a pas attendu le MLF là pour faire du féminisme. En 1949 déjà, Simone de Beauvoir publie le "Deuxième Sexe". On aurait donc pu attendre du spectacle qu’il nous présente aussi des femmes qui ont maîtrisé leur destinée et affirmé leur individualité.

Belle épopée musicale, on regrette qu’"Éclats de femmes" ne brille pas par son féminisme.

Jeanne