Entrez dans l’univers poétique et joliment décalé de Féloche !

Quelle chance j’ai eu d’aller voir Féloche en concert pour la première fois à La Bouche d’Air, un soir de 2019, à Nantes, 5 ans après l’avoir découvert grâce à sa merveilleuse chanson Silbo. Depuis, Féloche traîne dans mon ipod et dans mes oreilles régulièrement. 

Ce que j’ai tout de suite aimé, c’est la mise en scène travaillée qui donne des airs de théâtre de rue improvisé au concert. Derrière l’apparente spontanéité des chorégraphies, on devine la précision, le travail : rien n’est laissé au hasard. 

Le jeu de lumières, élément de mise en scène à part entière, m’a beaucoup plu aussi, notamment lorsque des masques font leur apparition sur scène... Il accompagne et éclaire chaque chanson d’une nouvelle couleur, au gré des différentes ambiances musicales qui ponctuent le concert. 

Féloche au milieu de la scène, un sourire aux lèvres tout le long du concert, sa (très belle) mandoline entre les doigts (à ne surtout pas confondre avec "une petite guitare" ou pire, "un banjo") est accompagné de Sabrina Bouddaoud, bassiste et Ïya, multi-instrumentiste et danseuse. Les deux musiciennes apportent une vraie singularité aux chansons de Féloche, le mélange de leurs univers différents créé une vraie chimie vivante !

L’artiste a gardé son âme d’enfant, ses yeux pétillants et rieurs, son sourire malicieux, ses petits "oh ! oh !" lancés tout au long du concert avec une petite voix enfantine. Féloche s’amuse, il est charmant, drôle et semble heureux sur scène, comme si la musique était un jeu. Il parle beaucoup au public, des débuts d’histoires réelles ou fantasmées avant chaque chanson, qui nous emmènent en voyage musical tout en douceur et poésie vers l’univers marin de Capucine Trochet et de son pari fou avec son bateau Tara tari, ou encore vers l’île de la Gomera écouter le chant du Silbo. 

En parlant du Silbo, l’un des moments suspendus du concert et l’un de mes préférés aussi, c’est quand Féloche a commencé à siffler les premières notes de sa chanson Silbo. A chaque fois que j’écoute cette musique, je ressens la même émotion, celle que j’ai ressentie la première fois que je l’ai découverte, il y a quelques années. Comme une mélancolie joyeuse, un apaisement, profiter du moment présent, fermer les yeux et se retrouver au milieu de l’île de la Gomera, en pleine nature, le chant des oiseaux dans les oreilles, des odeurs de fleurs, le soleil sur la peau. 

Au début du concert, une petite anecdote s’est passée. L’intro de T2Ceux est lancée par Ïya, et au moment de chanter les premières phrases, Féloche a un trou de mémoire. Sabrina Bouddaoud commence alors une improvisation funk pour le plus grand plaisir de nos oreilles, Féloche part en coulisses chercher les paroles, et c’est reparti ! Merci pour ce moment agréable, qui là j’en suis sûre, était improvisé. 

Vous l’aurez compris, j’ai été conquise par l’univers scénique plein de joie, créatif, poétique, onirique, humain, décalé, généreux de ce trio magique.

L’artiste a raconté que la dernière fois qu’il est venu jouer à Nantes, on l’a emmené en haut de la tour Bretagne. Avec Féloche, chimiste de la musique qui créé ses propres recettes originales et ses deux partenaires de scène talentueuses, pas de doute, vous irez bien plus loin que le toit de la tour Bretagne !

Anaïs