Envie de meurtre et psychothérapie de groupe

Jeudi soir, je brave la pluie, ma grosse fatigue et les bouchons nantais pour me rendre avec le chéri à la Compagnie du Café Théâtre afin de découvrir le one-woman show d’une jeune artiste belge qui m’est inconnue, Julie Villers. Arrivés à la dernière minute et tout trempés, nous nous installons vite fait bien fait dans les sièges de ce petit théâtre que j’affectionne. La salle n’est pas comble, les discussions peu passionnantes (« Oh c’est fou cette pluie on était plus habitué… ») et j’espère juste que Mademoiselle Villers me fera passer une bonne soirée.

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Très vite je repère au premier rang une jeune femme très agitée, atteinte d’un bégaiement plus que prononcé et qui semble complètement dépassée par les évènements. Elle se cherche une place confortable et finit par atterrir à côté de moi d’un côté puis de l’autre, époussette les quelques pellicules de la personne devant moi. Pas de doute, ce soir le spectacle commence dans la salle. Annonce micro, Julie est invitée à rejoindre la scène et s’exprimer devant l’assemblée réunie autour d’une thématique intéressante, quoique flippante, les tentatives de meurtres à partir d’objets contondants.

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© Fred Boehli

C’est ainsi que nous découvrons une jeune femme névrosée, hystérique et complètement à l’ouest qui va nous expliquer les raisons qui l’ont poussées à avoir de telles envies de meurtres sur sa mère Natacha. C’est avec une bonne dose d’humour et des jeux de mots bien placés que Julie Villers va nous conter les difficiles relations avec sa mère et sa grand-mère, elle cette enfant non désirée et peu agréable à regarder. Trois générations, trois personnalités différentes depuis la grand-mère un brin collabo mais amoureuse de la vie, en passant par la mère acariâtre et égoïste, pour finir sur la fille attachante et touchante. Les calembours, parfois un peu trash, de cette jeune comédienne font mouche à chaque fois. La salle est en effet séduite par ce drôle de petit bout de femme qui raconte une histoire qui nous a tous concerné à un moment donné sans pour autant qu’on puisse passer à l’acte (si tu réponds « Malheureusement » tu es un psychopathe mais je te comprends).

Si quelques sketchs ont souffert d’une certaine longueur, l’ensemble du spectacle est néanmoins réussi et permet une très bonne détente des zygomatiques grâce à une actrice dynamique et touchante. Merci Julie et à bientôt !

Clémence