Et vous, quelle est votre place à table ?!

La programmation automnale d’Ici ou là, projet mené par le service diffusion et action culturelle de la ville d’Indre, démarrait dimanche dernier, par une journée à la douceur troublante. Pourtant, c’est vers la Russie que je pensais filer, avec "l’histoire à table" des frères Pablof. Direction Indre, si proche de Nantes mais si dépaysante.
Rendez-vous donné quelques jours avant, au Relais du Bac, repère de l’amicale des Routiers de l’Ouest (A.R.O).

Odeur de criée et de fin de marché. Odeur de bistrot, de tabac froid et d’anis.
Un lieu où la convivialité n’est ni surannée, ni galvaudée. Un lieu où l’on vient "boire des p’tits canons", mais où "la maison ne fait pas crédit" ! Le café y est à 1€30, au comptoir comme en salle. Et la vie ne s’y est pas arrêtée pour autant !
C’est d’ailleurs des histoires de vie, qui nous attendaient ce dimanche-là, à l’étage du Relais : celles des repas, en famille, aussi différentes soient elles.
La nappe à carreaux rouge dressée en notre honneur ; les brioches et jus dispersés en prévision d’un goûter annoncé...tout était fait pour que notre groupe hétérogène, d’à peine trente individus, petits et grands, trouve sa place à la table des frères Pablof.
"La famille c’est l’art d’accommoder les restes"
"Les origines, un truc fait pour nous faire fantasmer"
Entre leur histoire de Russes de France, et celles des jeunes qui s’invitaient à notre table, c’était un peu l’histoire du monde qui se jouait là. Car oui, d’autres personnages venaient s’ajouter à ce tableau dominical, grâce à un écran, fondu dans le décor, qui permettait de diffuser des témoignages plus vrais que nature, à notre hauteur de spectateur...et d’individu.
Migrations passées, mais pas si lointaines. Recompositions familiales après bouleversements. Nouveaux visages à table incarnant des pères-mères-frères et sœurs bien ancrés dans la vie d’aujourd’hui. La famille parle un peu toutes les langues, celles des mots, des signes, et celles des sentiments. Elle s’articule autour de tables rondes ou carrées... mais en leur centre, il reste quelque chose d’immuable, d’indémodable : l’Amour des siens. Surtout quand il dégage une odeur de caramel et de brioche perdue. Ou quand il ressemble à une orange juteuse. Ou encore à une pluie de sucre glace... Il est doux et complexe à la fois. Mais c’est pour lui qu’on remet le couvert à chaque fois !

[Adeline]

Je garderai en tête la couleur de la grenadine, la magie du bruit des petits œufs colorés, plein de sable, qui circulaient de main en main, et accompagnaient la voix chaude et mélancolique du plus Brésilien des frères Pablof.
Et si l’on devait parler la langue des souvenirs partagés, en ce dimanche d’octobre, ce serait l’Indrais, sans aucun doute !

Retrouvez le reste de la programmation, au fil des saisons, pour découvrir une ville et des spectacles, à taille humaine : http://www.ici-ou-la.fr/