Exit/Exist : Une partie de l’histoire sud-africaine racontée à travers la danse

Gregory Maqoma, chorégraphe sud-africain, raconte, à travers la danse et la musique, l’histoire de l’un de ses ancêtres, chef d’une tribu chassée par des colons anglais. Cette soirée était pour moi une prise de risque, une plongée dans l’inconnu. Exercice plutôt réussi même si quelques interrogations demeurent.

Un choix audacieux

Lorsque je décide d’aller voir un spectacle, mon choix ne se porte quasiment jamais sur de la danse, encore moins sur de la danse « moderne ». Cependant, je suis convaincue qu’il ne faut pas toujours aller vers ce que l’on connait et oser s’aventurer vers ce qui, a priori, risque de ne pas nous plaire. D’ailleurs, cela donne souvent lieu à de très belles surprises. J’ai donc décidé d’aller voir le spectacle Exit/Exist du chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma, programmé au Grand T dans le cadre des « Saisons Afrique du Sud-France 2012 & 2013 ».

Un hommage aux ancêtres

Gregory Maqoma retrace l’histoire de son pays et de ses ancêtres et plus particulièrement celle de Jongumsobomvu Maqoma, né en 1798. Chef de la tribu Xhosa, il est arrêté alors qu’il tente de chasser des colons anglais de son territoire. Il mourra en prison.
Le spectacle commence à notre époque. Gregory Maqoma, seul en scène, est vêtu d’un costume gris argenté. Il semble vouloir traverser un mur invisible : il le touche, en cherche les contours, puis celui-ci se transforme en une paroi de cordes de guitare que le danseur fait résonner avec ses mains puis avec tout son corps. Soudain, une musique lancinante et inquiétante se fait entendre, telle une alarme, le signal d’un état d’urgence. Symbolise-t-elle l’arrivée des colons, l’avertissement que l’ennemi arrive ?
Quatre choristes, un guitariste et plusieurs danseurs interviennent par la suite dans le spectacle. Ils interprètent des danses et des chants traditionnels. La traduction des paroles a d’ailleurs été distribuée aux spectateurs à l’entrée avec le programme de la soirée. De même, des textes donnant des indications sur le déroulement de certains événements sont projetés sur un écran dans le fond de la scène. Au fil du spectacle, Gregory Maqoma revêt différentes tenues : une tunique, un grand drap blanc, puis est presque nu, s’enduisant d’huile.

Quelques interrogations

J’ai passé un moment agréable ; j’ai aimé la musique et la grâce des déplacements de Gregory Maqoma. Il a bien su faire passer l’émotion liée à la souffrance de ce peuple, à sa révolte et aux combats qu’il a du mener. Cependant, je suis restée un peu frustrée car je n’ai pas compris certaines scènes, le rôle de certains personnages ou la signification des différentes tenues revêtues par le danseur. J’aurais aimé avoir un décryptage.
Je prendrai de nouveau le « risque » d’aller vers l’inconnu mais en me documentant d’avantage sur le spectacle au préalable afin d’avoir un maximum de clés pour le comprendre.

Maud