Exode d’une salle nantaise pour un voyage hypnotico-mystique avec Yom

Le silence de l’exode, le nouveau voyage de Yom…

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Après l’installation des 3 musiciens qui l’accompagnent, Yom s’empare du micro pour présenter aux spectateurs, enveloppés dans les sièges rouges de la salle Paul Fort, l’objet de ce nouvel album : nous embarquer bien loin de cette salle nantaise pour une traversée hypnothico-mystique.

… un voyage intérieur…

Dès les premières notes, la présentation de Yom prend tout son sens : le dépaysement est complet et, très vite, l’environnement immédiat n’existe plus.
Yom accompagné de Claude Tchamitchian à la contrebasse, du violoncelliste Farid D. et de Bijan Chémirani aux percussions, nous emmène pour un voyage intérieur et puissant.
Si durant les premières notes, la majorité des spectateurs penserons aux grandes étendues désertes du Sinaï, évoquées quelques minutes plus tôt par l’artiste comme source d’inspiration, rapidement chacun se fera son voyage personnel, en fonction de souvenirs, de son imagination et de sa capacité à lâcher prise.
La puissance de ce spectacle réside dans la proximité entre les musiciens et les spectateurs. Ces quatre artistes virtuoses et inspirés parlent à chacun de nous pour un dialogue unique.

… pour un moment de partage mené avec brio…

A l’image de certaines musiques jazz, la complicité entre les musiciens est saisissante et opère à merveille.
L’une des forces de ce spectacle est la gestion du temps, tantôt ralenti, tantôt accéléré à outrance. Durant les phases de ralentissement, la musique est hypnotique, envoutante. Lors de ces moments planants, le lien entre le temps, les notes, et Yom, apparaît comme intime au sens où, lorsque les notes sont suspendues, c’est le corps tout entier du français qui s’étire comme porté par la mélodie.

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Par moment, la sensibilité de l’interprétation nous emmène tellement loin qu’elle nous fait oublier les 4 artistes présents sur scène. En revanche, des « éclairs de lucidités techniques » se font jour lorsque la virtuosité des musiciens est telle qu’elle s’impose à nous pour nous extirper de nos pensées. C’est alors que le spectateur centre de nouveau son attention sur des considérations techniques : vitesse d’exécution, décomposition des gestes, dextérité dans la gestion du souffle (respiration continue…).
Jusque là, dans ma « vie de spectateur », ce sentiment « d’arrachement d’un moment magique pour des considérations purement techniques », je ne l’avais ressenti que lors de ballet lorsque la féérie « est coupée » tandis que l’on réalise la complexité des mouvements effectués devant nos yeux avec grâce et volupté.

… qui se termine sous un tonnerre d’applaudissements

Après plus d’1h30 de voyage, la salle comble, suspendue aux dernières notes de Yom, attend le dernier souffle de l’artiste pour déplacer dans l’air un tonnerre applaudissement, et d’amour, que les 4 artistes auront bien mérité.

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Un artiste riche de projets, son public aussi…

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Avec son premier album solo, Yom, en rendant hommage à Naftule Brandwein, s’était proclamé, non sans humour, comme le « new king of klezmer clarinette ». Mais l’artiste né à Paris en 1980, et ayant appris la clarinette sur celle de son grand-père, ne s’arrêtera pas là. Il lui arrivera de poser son instrument sur des albums tantôt rock (avec les wonder rabbit ; With love, 2011), tantôt pour un album sino-jadaique (avec Wang Li ; Green Apocalypse, 2012) ou encore électronique, tenté de french touch, dans The Empire of love (2013).

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Décidément Yom, comme pour entretenir la flamme avec son public tout en conquérant de nouveaux adeptes, n’a de cesse d’enrichir la palette d’émotions qu’il nous offre.

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