Extraction de turlutes dans la mine de Bouguenais

Fond noir, 5 hommes vêtus de noirs aux cheveux à majorité grisonnants. Leurs instruments... leurs voix.
L’un d’entre eux donne le rythme en tapant des pieds sur une planche de bois. Les charbonniers de l’enfer serait ils mineurs ? Des mineurs qui chantent pour se donner du coeur à l’ouvrage ?
Deux bâtons viennent s’ajouter aux rythmes des pieds sur la première chanson. Un lien avec les coups de pioches ?

Plus absorbée à rentrer dans l’univers qu’à comprendre les paroles, je ne remarque pas tout de suite l’accent québécois de ces 5 gaillards.
Au bout d’un moment, le côté répétitif et la construction des morceaux me rappellent l’esprit des chansons paillardes. C’est donc avec une grande attention que je me concentre sur le texte. Effectivement, il n’y a pas que l’air qui fait référence à ce répertoire.
Un peu de femmes, un peu d’alcools... c’est là que gît l’essence même de la majorité des textes. Bons vivants les mineurs !

Sur scène, à tour de rôle, les solos changent de cordes vocales, toujours soutenus en choeur par les quatre autres. Le spectacle est entre-coupé d’anecdotes racontées avec beaucoup d’humours et cet accent québécois qui donne le sourire.
Au milieu de leurs petites histoires contées et chantées, se trouvent des reprises à la sauce "carbonisées". Des chants traditionnels québécois à des auteurs plus contemporains, ils intègrent leur univers à la perfection, faisant presque oublier l’originale. Ce style de chant traditionnel et folklorique se nomme "la turlute" en québécois.
(Ironie du spectacle, quand on sait ce qu’est une turlute en français.)

Cela fait 25 ans que les Charbonniers donnent de la voix pour le plaisir de leur public acquis au fur et à mesure des années. 25 ans que la même petite bande de joyeux lurons traversent les océans pour faire partager leur bonne humeur.
Le programmateur du Nouveau Pavillon, les introduit comme des gens charmants... et je partage rapidement son point de vue... pas si démoniaques finalement ces charbonniers !

Au détour d’une anecdote, on découvre que leur nom est plus en lien avec une locomotive qu’avec une mine de charbon... Tans pis pour mon imagination.
Je me suis toutefois très facilement laissée embarquer dans le train, mais le côté répétitif m’a, à la fin, fait trouver le voyage un peu long.

Félicitation tout de même à ces cinq québécois.
Et merci au Nouveau Pavillon de m’avoir permis de découvrir ces charbonniers

Marion Parizot