Faites des gosses !

Par les courtes journées d’hiver, autant fuir la pénombre et se réfugier dans les salles de cinéma. En plein centre-ville de Nantes, pas cher, convivial et original, le Cinématographe est une bonne alternative !
En plus, la programmation permet de partir à la recherche du temps perdu : 30 ans sans voir un film de Truffaut, et puis un cycle, et on en voit 2 en l’espace d’une semaine – Les 400 coups et L’enfant sauvage. Des histoires de gosses loin des contes de fée.

Les jeunes, ils savent plus rien !

Truffaut… pff, chais pas, jamais vu… c’est une chaîne de magasins qui vend du matériel de jardin, c’est ça ? En tout cas, je connais la truffade : c’est un plat auvergnat hyper lourd à base de lardons, de pommes de terre et de fromage… ou le truffon, parfum de Mont-blanc tant regretté de mon enfance…
Mais Truffaut, oui, j’en ai entendu parler, mais j’ai jamais vu ses films. D’après le programme, c’est du lourd : le cinéaste qui a contribué à lancer la Nouvelle Vague, avec quelques autres dont il me faudra visionner les films quand un cycle leur sera consacré.

Et avec ça, aucune reconnaissance !

Que ce soit Antoine des 400 coups ou Victor, l’enfant sauvage, ils sont incommandables ces gamins !
Le premier vit dans un minuscule appartement avec son père (qui n’est pas vraiment son père), et sa mère, qui rentre tous les soirs exaspérée et de mauvais poil. Il dort dans une pièce si petite qu’on dirait un placard. Et même s’il sort les poubelles tous les jours, ça ne suffit pas à rattraper son indiscipline. Il faut dire qu’il a pas de bol, Antoine… c’est toujours lui qui se fait pécho quand il y a une connerie de faite. Et puis il est pas très adroit : inventer que sa mère est morte pour justifier une absence à l’école, forcément, c’est risqué…

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La forêt qui abrite l’enfant sauvage
Une femme trifouille dans la forêt, et tombe sur le futur Victor !

Quant au Victor, il a été trouvé dans la forêt au XVIIIe siècle. Avec ses cheveux emmêlés, sa crasse et les cris qu’il pousse, il a un peu de mal à se faire des amis. Le voilà recueilli par un médecin passionné, qui s’évertue à lui apprendre à lire et à parler, le tout avec l’aide de la fidèle Mme Guérin. Alors ok, il est pas toujours fun le docteur, mais il se donne du mal, donc en contrepartie, Victor, il pourrait accepter de travailler 12 heures par jour, non ?

Mais ça, c’était avant…

Oui, parce que quand même, les choses ont changé.
Aujourd’hui, des Madames Guérin qui obéissent au doigt et à l’œil à Monsieur de docteur, on doit pas en trouver partout.
Et puis de nos jours, on s’y prendrait différemment : on n’enfermerait pas le petit enfant sauvage dans un cabinet noir, on ne lui ferait pas couper du bois à la scie pendant les pauses, on ne le laisserait pas manipuler ces énormes ciseaux… Najat en ferait une crise d’apoplexie, et ça, on veut l’éviter à tout prix ! Et puis on lui donnerait pas non plus autant de lait : on a compris que la publicité nous avait menti sur les bienfaits de ce faux-ami pour la vie.
Dans ces deux films, on dirait qu’à l’époque de Truffaut, enfants et adultes vivaient dans des mondes parallèles, qui interagissaient sans vraiment se rencontrer. Petits hommes à éduquer durement s’il le faut point de vue adultes, gamins pas si méchants point de vue enfants, difficile de savoir qui détient la vérité… heureusement aujourd’hui, tout est réglé : on se comprend, on échange et on grandit ensemble, pas vrai ?

Pour découvrir toute la liste des films diffusée à l’occasion du cycle Truffaut, c’est par ici !

AR