Fellag nous raconte l’Algérie

Cela fait déjà longtemps que Fellag raconte son histoire seul en scène, que ce soit en Algérie, en Tunisie ou en France, et il fait toujours salle comble. Le Grand T n’a donc pas dérogé à la règle ce mercredi : la salle était pleine, attentive et impatiente.

Décor inexistant, accessoires limités au strict minimum, effets sonores : si la scénographie semble tenir essentiellement du one man show classique, Fellag s’en détache pourtant nettement par son contenu.

En effet, le comédien algérien est d’abord là pour nous conter une histoire qu’il partage avec une grande partie de la population française d’origine algérienne, arrivée au gré des évènements de la guerre d’indépendance d’Algérie. Alors certes, cette histoire a été légèrement pimentée à la sauce harissa pour mieux nous faire sourire, mais l’essentiel est là : d’une enfance dans un tranquille village berbère où les colons français font plus partie de l’imaginaire fantasmé que d’une présence réelle, Fellag passe à la dure école de l’assimilation à la française, nous décrit l’adolescence désœuvrée des villes algériennes pour terminer par un exil rocambolesque en France.

Choc des cultures, relations colons-colonisés, apprentissage de la langue française, désir d’indépendance, relations hommes femmes, religion : tous les sujets sont évoqués sans tabous ni mots feutrés. Et si le vocabulaire est parfois cru, Fellag enchaîne les situations ubuesques, décalages et autres quiproquos sans jamais se déparer d’une vision poétique de la vie où tout prête à sourire : gageons qu’il tire son humour d’un art de vivre algérien où il faut savoir rire de tout et surtout des choses graves.

Un spectacle à recommander les yeux fermés !

Tanguy