Festival espagnol, sortez les mouchoirs !

Le festival espagnol, c’était mon petit rendez-vous cinéphile depuis que je suis arrivée à Nantes il y a deux ans. Une bulle hispanophone arrivant avec le printemps et envahissant Nantes le temps de deux semaines.
Alléchée par le teaser, je pioche aux hasard des films des 3 sélections de la semaine : meilleur premier film, meilleur documentaire et meilleur court métrage.

Perfect Day de Fernando Léon de Arano

Film emmené par une bande son rock& roll géniale et un excellent trio d’acteurs. Benicio del toro, en ténébreux humanitaire secondée par Tim Robins et Mélanie Thierry . Les conflits de 1995 d’Europe de l’Est en toile de fond. Esthétiquement très beau avec des moments franchement drôles. Je reste sur ma faim concernant le scénario tirant vers le mélo sans vraiment me toucher. Dommage.

A Cambio de Nada de Daniel Guzman

Primé comme meilleur premier film lors de ce festival. Un film en partie autobiographique avec un petit clin d’œil du réalisateur présent lors de la projection : pour son rôle dans le film sa grand mère octogénaire a concouru pour un prix de… meilleur espoir !
On suit les aventures d’un ado à la dérive, Dario, et de son meilleur ami Luismi dans une cité ouvrière espagnole. Un petit film sans prétention mais joliment interprété. Surprise de le savoir primé...

Wall de Pablo Iraburu et Migueltxo Molina

Un documentaire fracassant sur les « murs frontière ». En ligne de mire : le mur entre l’Espagne et le Maroc, l’Afrique du sud et le Zimbabwe, les États-Unis et le Mexique. Les migrants, les gardes frontières, les travailleurs, les habitants. La caméra suit avec délicatesse et sensibilité les personnes vivant autour de ces murs. Le sujet est plus que jamais d’actualité. Je sors de la salle la larme à l’œil ( et je ne suis pas la seule...) l’esprit préoccupé. Un vrai documentaire dans l’actualité. A voir !

Concordia de Garcia Quedreta

Prix du meilleur court métrage. Dix prisonnières montent une pièce de théâtre comme thérapie de réinsertion. La caméra dévoile avec pudeur l’histoire de chacune. 10 belles interprétations féminines fortes et justes. Un très beau court métrage sensible . J’ai aimé.

Truman de Cesc Gay

Tomas, exilé au Canada, rend, en surprise, visite à son meilleur ami Julian qui traverse une épreuve difficile. Accompagné de Truman, le chien de Julian, les deux amis passent quelques jours riches en émotions. Javier Camara et Ricardo Darin, comédiens reconnus dans leur pays respectif, l’Argentine et l’Espagne nous livrent une interprétation grandiose et sensible. Je passe du rire au larmes emportée dans cette histoire. Lorsque les lumières se rallument de nombreux yeux sont humides . Un grand film. Apothéose du festival au niveau émotions ! Pour moi à ne pas rater !

Le festival espagnol joue sur la corde sensible, tantôt engagé (the Wall) tantôt peinture d’une société espagnol en crise (a Cambio Para Nada). Au rythme effréné de ses 60 films projetés, le spectateur pouvait à loisir découvrir des classiques sur le thème de la guerre civile espagnol (comme le très bon Land and freedom de Ken loch) ou des films inédits en France.

Cinéma à la fois reconnu pour son originalité et ses grands réalisateurs, le cinéma espagnol reste peu diffusé en France. En témoigne le nom de réalisateurs et d’acteurs qui peuvent nous être complètement inconnus et pourtant reconnus de l’autre côté des Pyrénées.

Pendant cette quinzaine, j’ai adoré m’asseoir dans une salle de cinéma sans aucun à priori, ni attente. Avec des comédiens souvent inconnus. Parfois une vague idée du réalisateur. Aucun écho sur le film... A chaque fois une vraie découverte !!!
Quand les lumières se rallument, en me tournant vers mes voisins, je me suis rendue compte que si la programmation proposaient des films très différents, l’éventail des ressentis l’était aussi !

Célia

La force du festival du film espagnol : se laisser surprendre !
Sortir d’une projection enthousiaste ou juste avec la sensation d’avoir évité une soirée froide et pluvieuse au sec dans le Katorza, mais dans les deux cas aller prendre un petit remontant à Cosmoplis !