"Fictions communes" - Ici (une usine) ou Là (à Indre)

Un moment suspendu entre passé, présent et futur, par un samedi bien gris. Un rendez-vous surprise et un lieu gardé secret jusqu’à quelques jours de l’événement. Les bords de Loire comme accroche de notre histoire... et de celle des habitants de cette petite commune de l’agglo nantaise... Un beau moment vécu dans une usine désaffectée, un jour férié chargé d’Histoire... en route pour Indre, "terra incognita" !!

Sortie de Nantes, et comme une sensation de dépaysement. Le vert domine à mesure qu’Indre se rapproche. Rendez-vous à l’usine ArcelorMittal, dans la partie actuellement laissée au bon soin du CIEL - entendez le Conservatoire de l’Industrie estuaire de la Loire- !
En ce jour d’Armistice, il est bien question de mémoire, mais celle moins (re)connue d’ouvriers, d’habitants, d’une commune, dans l’ombre de la grande Nantes, des Ducs et des p’tits LU... Des Indrais de tous âges, de tous temps, mais bien réels !
Parmi eux, et parmi nous, Rémi, casquette vissée sur la tête, couvrant ses cheveux blancs. Des yeux d’enfant, comme de ceux qui vont retrouver leur terrain de jeux... et ses belles années d’ouvrier ! En petite équipe, nous sommes invités à pénétrer dans des ateliers de vie, décrivant quatre tableaux vivants : visibles, audibles, odorants, savoureux.
A partir de là, l’imagination fait le travail, pour reconstituer ces paysages humains vibrants, associant tous nos sens...

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[A la vue d’] Un décor : des outils, des établis ; de vieilles machines et véhicules ; des ouvrages, du métal. Des traces d’un passé bien huilé. Une usine, 2000 ouvriers. 2 autres usines. Une sur chaque île. De la vie, pardi !
[Au son] Des bruits : des mots et des chants. L’Internationale. Des rires..." "chanter, vivre, boire et manger" ", des airs de campagnes et de bords de Loire.
[En sentant] Des odeurs : celles, (ol)fictives, des samedis au café, ou dans les caves des Indrais, à tester les vins oberlin ou de noix... qui rendent fous... de joie de vivre !! Celles de la pêche, des mulets, des chevrettes. Celles bien réelles, de ce lieu que nous foulons..."ça sent l’usine !", "ça sent l’essence"...
[En goûtant] Des saveurs : celles d’une dernière "bouchée", une surprise culinaire concoctée par toute l’équipe artistique. Et qui parvient à synthétiser toutes les émotions partagées au gré des salles et des temps recomposés. Froide et lisse comme le métal. Fumée, parfumée, animée. Un goût qui accroche le palet, mais qui fait se détacher les dernières histoires de baignades dans la Loire.

Le visage de Rémi qui s’illumine est un bon indicateur de la qualité du moment vécu. Les yeux brillants des lueurs du passé, le sifflement des heures chantées au bout des lèvres. Le temps n’avait plus d’importance, l’espace de plusieurs quarts d’heures. Perdus dans cette belle époque où les habitants étaient à la fois paysans-pêcheurs-ouvriers. Indrais ! Artisans de l’histoire de leur commune, et pour certains illustres inconnus, de la grande Histoire ! Car grâce à Jean Cremet, ouvrier, alias "l’Hermine rouge", nous découvrons un Lénine, vacancier/pêcheur de crevettes à Pornic ! Convergence des luttes entre trois îles et des contrées bien plus éloignées...

Dépaysement. Un brin d’émerveillement. Chant soviétique saturée d’une chaleur surannée. Une belle virée, dans une petite bourgade animée, riche de ses habitants... et de ses petites maisons serrées.

[Adeline]

Le Merci aux Artistes, au service culturel et à leur tâche ô combien "essenCIEL" !

Restez à l’affût des prochaines surprises culturelles en terres indraises...