Fin de service : tempête au théâtre de poche Graslin

Alors que la tempête Ciara fait frissonner tout le Nord-Ouest de la France depuis une petite semaine, je quitte le confort de mon canapé pour me rendre dans la petite salle du Théâtre de Poche Graslin. L’accueil y est chaleureux, les sièges confortables et la salle intimiste. Malheureusement, la météo a dû effrayer les plus frileux car la salle n’est qu’à moitié pleine quand le spectacle commence.

La scène se passe dans un manoir perdu sur la côte. On entend le vent, les mouettes et le bruit des vagues. La météo n’a pas l’air clémente. Dans le salon, la maîtresse de maison s’impatiente : ses invités se font attendre. Gork, le majordome est là pour assurer toutes les demandes de Madame. L’attente, l’oppression de la tempête, la solitude des personnages et le temps qui passe vont laisser les langues se délier un peu plus que d’ordinaire jusqu’à un point de non-retour. Chacun des deux personnages connaissant parfaitement l’autre, ils s’élancent dans une joute verbale. Parfois subtiles, souvent cinglantes, les insultes fusent afin de pousser l’autre dans ses retranchements et faire remonter des vérités oubliées. Une montée en cadence de répliques piquantes jusqu’au grand final. La mini salle de Théâtre de Poche Graslin est parfaite pour profiter aussi bien des mimiques hautaines et des crises d’hystérie de la maîtresse de maison que des airs sarcastiques de son majordome.

Sur les planches le duo Sylvia Bruyant et Delry Guyon évolue dans un décor de manoir poussiéreux. Tout y est ou presque : le lustre, le porto et les verres qui cassent. Les jeux de lumière et la bande sonore complètent ce décor pour immersion totale. Je suis toujours un peu fascinée par ce type de théâtre où la mise en scène et les acteurs nous invitent à imaginer les hors scène.

Fin de service est une pièce drôle, touchante et amère.

Ingrid