« Fleuve » : laissons objets et marionnettes nous conter la Loire.

A l’initiative de la ville de Bouguenais, la 1ère édition du Festival Décadrages (du 18 au 22 mars) a présenté le travail de 3 compagnies s’intéressant aux marionnettes et au théâtre d’objets. A cette occasion, je suis allée voir le spectacle Fleuve, mis en scène par le Théâtre Elabore, compagnie résidente du Piano’cktail pour l’année 2015.
Le cadre était magique car nous étions installés sous un charmant chapiteau, au cœur du site naturel de la Roche Ballue (Bouguenais).

JPEG - 1.8 Mo

Le théâtre d’objet ou l’art de faire voyager grâce à 3 bouts de ficelle et un brin de poésie

Le théâtre d’objet est un type de théâtre où les objets de notre quotidien (brosse à dent, crayon, boule à thé…) prennent vie sous l’impulsion d’une histoire dont ils deviennent les personnages principaux. C’est un théâtre fait de bric et de broc, simple et imaginatif, qui détient le fabuleux pouvoir de nous emporter dans une aventure sensible, empreinte de poésie. La mise en scène de ces objets, à priori banals, crée un décalage qui donne naissance à des émotions et des situations parfois humoristiques. Autant vous dire que le théâtre d’objets séduit tous les publics.

JPEG - 320.9 ko

Le spectacle Fleuve appartient justement à ce genre de théâtre : subtil et créatif avec aussi un message à délivrer. Ce fut pour moi une vraie découverte qui me plongea directement dans un univers de représentations qui me tient à cœur : celui de la Loire. A la fois lieu de rêveries et de promenades familiale le dimanche, la Loire est également source de fantasmes et d’inquiétudes pour les pêcheurs imprudents qui laisseraient dériver leur barque, au risque de rencontrer de gros poissons étranges et imprévisibles. Cette facette cachée du fleuve, qui reste aussi la plus intrigante, a très bien été mise en scène par la troupe du théâtre Elabore, grâce à l’évocation de certains monstres (légendaires ou bien réels) peuplant ses eaux troubles, à l’exemple du silure, poisson-chat pouvant atteindre plusieurs mètres de long. Cela fait froid dans le dos !

Durant la représentation, des voix de ligériens surgissent du noir : pêcheurs, habitants ou amoureux de la Loire, tous viennent nourrir notre connaissance de ce fleuve mythique et de ses différents usages : lieu de vie, de baignade (pour certains) de pêche et de navigation. L’une des images fortes du spectacle que je garde en souvenir est l’ombre projetée du parcours de la Loire depuis sa source jusqu’à l’estuaire et de ses nombreuses ramifications, qui, entièrement dévoilées, prennent place dans une silhouette de corps humain et nous donne à voir un cheminement complexe, semblable à notre système sanguin.

Cette belle image de fin nous rappelle que ce fleuve fait partie de l’ADN des ligériens, qu’il coule dans leurs veines et nécessite de ce fait d’être préservé. C’est le message que je retiendrais.

L’intensité poétique qui s’est révélé grâce à l’utilisation d’effets d’ombre et de lumière, de maquettes en papier/cartons et de marionnettes, nous a offert un moment inoubliable. Je suis restée scotchée par la magie de l’univers qui s’est dévoilé devant mes yeux durant 30 minutes, et cela, à l’intérieur d’un simple cadre en bois.

JPEG - 3 Mo

Séverine