Frida Kahlo : la souffrance qui transfigure l’art....

Je me rends au nouveau théâtre de poche Graslin en connaissant déjà bien le personnage et par conséquent, curieux de la mise en scène d’un spectacle retraçant le parcours de cette femme populaire.

La mise en place du décor derrière les rideaux de la scène prend du temps, cela attise ma curiosité, j’ai hâte de découvrir ce qui est caché par l’épais voile rouge. Les rideaux s’ouvrent, je découvre alors avec étonnement l’installation. Un grand lit, posé à la vertical tenu par des sangles se dresse devant nous. Une table basse l’accompagne avec une bouteille et une lampe de chevet qui repose dessus. Dans ce lit se trouve une femme qui paraît fatiguée. C’est Frida. Pour ceux qui connaissent le personnage, on comprend vite qu’il s’agit de la chambre d’hôpital où elle a vécu une partie de sa vie suite à son accident. La femme se réveille, elle souffre.
C’est alors que des notes de guitares retentissent, un air aux sonorités mexicaines se fait entendre. Ce personnage est la représentation de la mort qui tournera autour de Frida tout au long de sa vie. Ainsi démarre l’histoire de la vie de cette femme, elle nous parle des personnes qui ont comptées dans sa vie en commençant par son père, un passionné de photographie. Passion qui donne déjà de l’attrait à Frida pour le domaine des arts. On assiste ensuite à une sorte de ballet entre les différentes étapes de la vie de Frida entrecoupée d’interventions de la mort lorsqu’il s’agit des passages les plus compliqués de sa vie. On pourra noter entre autre comme étape son accident avec un bus, ses différentes opérations, le divorce avec son mari. On comprend bien que malgré avoir eu une vie faite de souffrances physiques mais aussi parfois psychologiques, le goût de cette femme pour la vie ainsi que son amour pour l’art et pour son mari, l’ont aidé à aller de l’avant.

J’ai trouvé le découpage intéressant et le jeu de l’actrice principale bien exécuté. L’ambivalence des émotions transfigurées, désespoir et joie, m’ont donné l’impression que Frida Kahlo était au bord de la schizophrénie. Cependant la souffrance étant l’émotion dominante, je me suis parfois senti mal à l’aise dans mon siège. Je n’en suis donc pas ressorti avec un grand sourire. J’aurai apprécié, peut-être, une mise en scène avec un peu plus de mouvements de la part de Frida qui ici est coincée dans son lit d’hôpital.

On peut quand même saluer la prestation des 2 acteurs qui ont su habiller de poésie, la triste vie de l’artiste. Prestation saluée par les applaudissements de toute la salle du Nouveau Théâtre de Poche Graslin.

Amaury Courtois