Garde Alternée boulversante.

Il y a autant de façon d’être enfant qu’il n’y a de mémoire de parents.
C’est en ignorant cette promesse que j’ai poussé les portes du Théâtre de Poche Graslin, un lieu retranché, intimiste et chaleureux.

Titre : Garde alternée …mais de nuit
Texte : Jean-Pierre ROOS
Mise en scène : Jérôme SAUVION
Distribution : Jean Pierre ROOS et Élisa BIRSEL

Le duo de comédiens entre en scène dans un décor humble et simple. On s’attend à une pièce cordiale et bienséante sur la seule absence du père, sur les extravagances de la fille et l’amour convenu. Aussitôt Janis nous dit la colère et nourrit l’incompréhension face à un père maladroit et fantasque. Spectateur d’une relation qui n’a jamais su naitre, le public se surprend, malgré lui, à une intimité que les personnages pensent inexistante.
On oublie vite le titre, qui ne dit pas assez, pour un face à face déterminant et cathartique où les places et rôles de chacun s’apprivoisent, où le père et l’enfant deviennent homme et femme.

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La pièce offre au spectateur un rythme bouleversant, un jeu communicatif, un regard pluriel et pensif. A travers les actes, les forces s’affrontent pour dire la sensibilité à laquelle le texte rend hommage. Il n’y a rien de l’histoire que l’on puisse dévoiler sans la conter toute entière. On en ressort vivant, touché et fort de l’idée qu’aimer ce n’est pas toujours dire.

Jusqu’au 16 novembre au Théâtre de Poche Graslin

Mathilde Cassard