Good Time

Good Night, pièce de Romain Poli, mise en scène de Guillaume Mélanie, conception sonore de Lucien Pesnot
Interprétée par Nouritza Emmanuelian et Romain Poli
Théâtre de Poche Graslin, du 20 au 22 février à 19 h et du 27 au 29 février à 21 h

Alors que nous procédons à un habile changement de rang pour mieux apercevoir la scène qu’à travers la dense masse chevelue du géant devant nous, Nouritza Emmanuelian entame son jeu pendant que je me défais de mes dernières couches intempestives de vêtements. J’ai chaud de notre marche rapide, je dois chasser mes angoisses de retard pour me concentrer sur la scène. Je n’ai eu qu’un résumé très succinct et j’avoue ne pas avoir cherché plus de renseignements, la tête à d’autres préoccupations.

Le début, assez lent, me laisse la possibilité d’observer la salle, petit format, large et peu profonde. Nous faisons clairement descendre la moyenne d’âge du public, mais en même je ne connais pas beaucoup d’ahuris de mon âge qui seraient prêt à passer leur jeudi soir au théâtre… Romain Poli entre en scène, l’action se cristallise et mon attention se fixe. Et cela fonctionne. Ma fibre « analytique » ne peut s’empêcher de déceler quelques facilités dans le texte, mais pourquoi s’en priver quand le jeu émotionnel est efficace et nourri cette simplicité. Je me prends au jeu, je ne peux le nier.
Le huis clos n’y est pas pour rien, nous sommes coincés avec Romain Poli, spectateurs impuissants de son erreur et de ses conséquences. En dépit d’une petite longueur ou deux dues à la situation en elle-même, l’heure et quart s’égrène aisément, sans ellipse temporelle pour couper ce sentiment d’enfermement.
La résolution est laborieuse pour les personnages, l’empathie me gagne avant la surprise et les applaudissements finaux.

Ça y est, notre soirée va prendre fin. Nous nous emmitouflons pour ressortir dans l’obscurité hivernale avec des réflexions éparses. L’accueil de la salle était très chaleureux, je regarderai leur programmation future. Je me m’attendais pas du tout à ce genre de thèmes avec la brève présentation que l’on m’avait faite de la pièce, mais pourquoi pas ? Nous avons passé une bonne soirée finalement, heureux de se rendre dans cet adorable théâtre et appréciant une surprenante pièce. Que demande le peuple ?

Lilah Mizio

Merci au théâtre de Proche Graslin d’avoir proposé cette pièce à l’occasion du Blog des Spectateurs, idée appréciée.