Hervé Niquet, le Messie dont a besoin l’ONPL !

Une soirée au niveau moyen. Quelques moments de fulgurances mais beaucoup d’ennui. Je retiens de la soirée que l’ONPL n’est pas bon à jouer tous les répertoires malgré tous les efforts énergiques d’Hervé Niquet.

Une œuvre dangereuse

Le Messie est une œuvre très longue de Haendel et qui peut devenir très ennuyeuse si la direction ou les solistes ne sont pas à la hauteur. Imaginez une évocation du passage du Messie en trois parties : (i) Annonciation et naissance, (ii) Passion, Résurrection et Ascension et enfin (iii) une réflexion sur le rôle rédempteur du Christ. Tout ceci raconté par quatre solistes (soprano, alto, ténor et basse) et parsemé de chœurs superbes qui ont fait le succès de cette œuvre.

Des solistes non convaincants

Ce soir, hélas, je n’ai pas été conquis par les solistes. J’ai entendu une alto au vibrato extrêmement large, incapable d’avancer à la même vitesse que l’orchestre et sans aucune incarnation du texte. J’ai eu peur d’un accident vocal dans l’aigu à chaque intervention du ténor. Quant à la basse, c’était plus vraisemblablement un baryton car les graves étaient inaudibles. Seule la soprano a tiré son épingle du jeu et a réussi à m’intéresser : par exemple son air à la fin de la première partie était particulièrement réussi.

Un orchestre manquant d’énergie

Parlons de l’orchestre à présent. Pour cette œuvre du répertoire baroque, une coupure drastique du nombre de pupitres a été opérée : il n’y avait qu’une trentaine d’instrumentistes hier soir. Hervé Niquet a dirigé d’une poigne de fer, allant jusqu’à agiter tout son corps (jusqu’aux pieds) pour donner vie à la musique. Malheureusement, l’orchestre n’a pas suivi. Malgré l’allègement de la formation, l’ONPL a été incapable de jouer avec la légèreté et la vivacité requise. Certains traits fulgurants ont été réussis (la "pastoral sinfony" par exemple) ainsi que les accompagnements d’airs lents. Mais à la fin de la soirée, j’ai retenu surtout la lourdeur et la monotonie de l’interprétation.

Un chœur prometteur

Heureusement, le chœur a apporté de bonnes surprises. Les pupitres des sopranos et des altos m’ont particulièrement plu. Il y avait une fougue et un plaisir sincère dans leur façon de chanter. Ainsi les morceaux de la seconde partie ont été de grands moments ("All we, like sheep" ou encore "The Lord gave the word"). Pour nuancer mon enthousiasme, j’ajouterais que les voix des hommes ont été trop souvent éraillées car voulant chanter trop fort trop souvent. De plus, le chœur, très fourni, a la fâcheuse tendance à chanter trop fort, ce qui l’oblige à véritablement crier lorsque Hervé Niquet demande une nuance fortissimo.

En bref

J’ai failli sortir de la salle à la fin de la première partie, interminable et ratée à mon goût. Heureusement la seconde partie a livré quelques surprises, surtout grâce à la bonne intelligence entre Hervé Niquet et le chœur. Au sortir du concert, j’ai regretté que l’orchestre de l’ONPL n’ait pas pu être remplacé par un orchestre spécialisé dans la musique baroque.

Rémi