Histoires de vie : un regard sur Bouguenais et la dernière décennie

Programmée dans le cadre d’une série d’événements visant à marquer la fin des années 2010, le Nouveau Pavillon s’est associé au Théâtre de l’ultime et à d’autres lieux culturels de Bouguenais pour créer une véritable odyssée, façon Kubrick, avec ses habitants pour principaux scénaristes. La soirée de vendredi 6 décembre était l’une des pièces de cet ensemble à vocation festive, de partage et de débat.

Vingt minutes de retard... me voilà penaude devant la porte... La distance qui me sépare de Bouguenais, depuis Nantes Ouest, me semble beaucoup plus concrète ce soir-là ! "L’autre rive", un vendredi soir, froid et pluvieux, d’hiver.
Je rentre donc dans une salle déjà plongée au cœur d’une pièce, jouée par sept acteurs, quatre femmes, trois hommes. Tous âges confondus. Représentatifs, probablement, des personnes interrogées, et dont les propos sont mis en scène.
Une manière un peu décalée de passer d’histoires en scènes de vie, en confidences. Sur un mode très contemporain, façon télé-réalité : voix off percutante, qui fait même peur parfois, et qui impose une cadence infernale. Comme la musique qui revient, et créée les changements de sphères narratives.
Peut-être est-ce parce que j’arrive "comme un cheveu sur la soupe", ou bien parce que je n’ai pas eu ce temps de mise en atmosphère qui marque souvent les débuts de représentation, ou simplement parce que je ne suis pas sensible à cet univers...quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup de mal à accrocher.
Beaucoup de généralités sont dites, parfois des mots d’intolérance, ou une violence latente dont je n’ai franchement pas envie ce soir-là. J’ai peut-être aussi été trop exposée à ce genre d’histoires, dans un métier "très social", où la confidence est un outil de travail, et le socle de la relation de confiance. Les propos, ou plutôt les scènes jouées m’apparaissent parfois décousues, avec un enchaînement qui frôle l’absurde...(très certainement) voulu ?!?

L’entracte est annoncée : possibilité d’un repas mis en musique par Baltazar Montanaro, et Monsieur Tim, qui remplace au pied-levé une accordéoniste belge ("belle jeune femme"-dixit M.Montanaro !) coincée par les mouvements sociaux. Un petit air de guinguette, de nostalgie appuyée par des lumières chaudes et des odeurs de quiche. Un avant concert qui calme et repose...en entraîne même chez certains quelques pas de danse.

Ambiance plus intimiste ensuite avec Baltazar Montanaro en solo, face à nous, son violon baryton en main. A l’aide de divers accessoires et techniques de fortune (ressorts de récup, frotté de doigts mouillés sur bois sensible), il exploite toutes les sonorités de son instrument bien différent du violon "classique". Le son est harmonieux, puissant, chaud et moins sec. Il correspond bien à la culture occitane et au monde qui habitent les compositions du musicien. Il évoque les Amours, toutes les formes, et finalement les plus engagées, dures et parlantes. Le musicien partage ses choix de morceaux, les histoires et personnes qui les ont inspirées (souvent féminines), à qui ils sont dédiées, le tout sur un ton assez "faux timide", un brin séducteur...
Un dernier morceau avec Monsieur Tim, pour une fin très feutrée et presque celtique, au son de l’accordéon diatonique mêlé au violon baryton.

D’autres événements à suivre, jusqu’au 31 décembre 2019, dans le cadre du cycle "2020, l’Odyssée de Bouguenais"- pour mieux comprendre le monde, parfois le sublimer, éveiller nos consciences et nourrir le débat.

[Adeline]