Hybris : aimer sans posséder…

En me rendant au Théâtre universitaire pour assister à Hybris, j’ai découvert un lieu particulièrement convivial. Je suis arrivée toute légère et souriante. Je suis repartie pleine de réflexion sur l’amour et ses dommages collatéraux.

J’ai été émue par l’histoire de cette rupture à l’issue de laquelle on finit par se demander si l’amour est une farce ou une tragédie. Très poétique, la pièce s’ouvre sur la fin d’une relation entre un homme et une femme. D’intenses monologues aux allures de slam viennent rembobiner le fil de leur passion. On passe d’une scène épuré au plus grand bordel en un rien de temps à l’image du chamboulement qui accompagne une histoire d’amour.

Entourés par 4 musiciens, le duo de comédiens nous raconte les solitudes qui se côtoient, la violence du vide à combler, la fête de la rencontre, le décalage entre les envies de chacun et l’amertume qui s’accumule… Autant de facettes pour nous rappeler que la vie est en mouvement et que tout l’enjeu du couple réside dans sa construction au quotidien. L’amour est un sentiment qui ne disparait pas lorsqu’on n’arrive plus à fonctionner ensemble. Il évolue, il se transforme, il peut même rendre moche en ne résumant plus l’autre qu’à ce qu’il ne comble pas, plus…

Rythmé d’incisifs monologues et d’échanges percutants, Hybris nous alerte sur les promesses éternelles, les pièges de la culpabilité, de la possessivité et sur l’importance de distinguer ce qui appartient à soi de ce qui est du ressort de l’autre.

Je suis rentrée chez moi partagée entre la réflexion sur mes propres expériences en la matière et de l’admiration pour Vanille Fiaux et Manuel Garcie-Kilian pour avoir réussi à traduire en 1h10 la profondeur d’un sujet aussi sensible que l’amour.

Emilie Chazot