Ibrahim Maalouf : le trompettiste superstar

C’est dans la giga grande salle de la Carrière que, jeudi dernier, des milliers de personnes se sont retrouvées pour assister à un planant concert du trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.

Ibrahiiiiiiiiiiiiiim !!!

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Après deux ou trois péripéties quelque peu stressantes : se pointer à la mauvaise salle car non, l’Onyx-la Carrière n’est pas une seule et même salle (!), se retrouver dans les bouchons sur le périph’, bouchons provoqués par toutes les voitures qui vont au concert d’Ibrahim, bouchons dans l’allée du parking de la salle, planter sa roue arrière gauche dans le fossé (merci au couple de spectateurs qui m’a grandement aidée !), et enfin piétiner dans la fil d’attente pour aller retirer sa place.
Une fois tous ces obstacles franchis avec brio, l’heure est à la récompense. Un concert d’Ibrahim Maalouf ça se mérite !!

I’m too old for this shit

Aussitôt arrivées (moi et ma pote Camille !), aussitôt commencé (le concert). On a un peu de mal à se mettre dans l’ambiance, la position verticale n’aide pas, je ne vois rien du haut de mon petit mètre cinquante-trois, et je sens que mes vieux pieds et mon dos de p’tite vieille ne vont pas tenir deux heures. Je constate que je ne suis pas la seule, les gens se dandinent pour trouver une position moins inconfortable, se massent la nuque, se plaignent à leurs potes. J’ose à peine parler de la femme en fauteuil roulant derrière moi qui a dû associer la musique d’Ibrahim Maalouf à un spectacle de jambes et de fesses de spectateurs.
On aurait préféré être assis pour mieux se laisser transporter par cette musique enivrante sans que notre corps endolori nous rappelle à la réalité.

Après les plaintes, la contemplation

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Bon, j’arrête de me plaindre ! Ibrahim Maalouf et ses musiciens finissent leur tournée de 130-140 concerts pour la sortie de leur nouvel album Illusions. Je vous propose une petite écoute en même temps : InPressi.
On est plongés dans un univers oscillant entre jazz, rock, musique orientale et musique des Balkans même parfois.
Ibrahim Maalouf a également joué ses anciens morceaux, dont Beirut de son ancien album Diagnostic. Iil nous explique qu’il a composé ce morceau quand il s’est promené pour la première fois dans sa ville natale, Beirut. Ses longues explications ont permis de mieux comprendre la structure du morceau. L’écoute est différente, on est moins passifs car on cherche à reconnaître dans son morceau les indications qu’il nous a données.

On reconnaît facilement les morceaux issus du nouvel album Illusions des anciens, une vraie évolution a eu lieu. Dans les anciens morceaux, il y a beaucoup d’échos, la trompette est vraiment mise en avant alors que sur les nouveaux morceaux les autres instruments (les trompettes qui accompagnent Ibrahim, la batterie, la guitare, la basse et le synthé) sont plus présents, ils forment véritablement un orchestre de jazz. Les morceaux sont plus dansants alors que les anciens sont plus planants. Lors du concert cela donne un rythme, on passe d’un morceau plus dynamique à un morceau plus paisible, ce qui permet de nous garder captivés.

Entre les morceaux, Ibrahim prend le temps de discuter avec le public, en fait il est très bavard, il le dit lui-même. Et il prend le temps de jouer avec le public, de le faire participer.

Ibrahim Maalouf mélange, accorde différentes cultures musicales. Il remet la trompette au goût du jour en faisant du beat box avec, il s’amuse avec les classiques du genre et surtout il nous livre une partie de son histoire franco-libanaise grâce à sa musique métissée où toutes ses influences trouvent une place sans se bousculer.

Noémie