Il était une fois...

Quand Charles Perrault rencontre Edgar Allan Poe, Franck Coppola et Jack Kerouac, ça donne Sur la route du Petit Poucet.

Ce samedi après-midi, un vrai temps d’automne s’installe sur Nantes. L’air devient plus frais, le vent se lève et la pluie tombe en abondance par intermittence. Cette atmosphère automnale est propice aux légendes, aux contes, aux histoires qui font un peu peur, qui inquiètent, qui interrogent. Le Petit Poucet fait partie de ces récits qu’on a entendus ou lus maintes et maintes fois, au point de la connaitre par cœur.

Le Petit Poucet, à la sauce Mathieu Létuvé, présenté lors de ce samedi venteux au Grand T, est une nouvelle réécriture de ce conte. Intitulé « Sur la route de Poucet », ce spectacle reprend les personnages du conte mais les transporte ailleurs, dans un Los Angeles des années 70. Un romancier décide d’écrire un livre sur l’Ogre, un très vieil homme d’affaires condamné pour avoir tué ses 7 filles, il y a plusieurs années. Interné dans un hôpital psychiatrique, le vieil homme raconte son passé et son parcours à travers le conte du Petit Poucet. Un parcours au cours duquel il rencontrera une pléiade de personnages comme Peau d’Ane, une grande mère ressemblant à la méchante belle-mère de Blanche Neige ou encore le Petit Chaperon Rouge.

Ce que j’ai aimé dans ce spectacle, c’est le croisement des genres ainsi que son écriture très cinématographique : on est entre le conte fantastique, le polar noir des années 70 et le road movie. C’est un spectacle d’atmosphère, parfait pour ce début de soirée automnale où le jeu des acteurs est servi par une scénographie soignée et des superbes jeux de lumières. On peut être désarçonné par le brouillement des pistes concernant le dénouement de l’histoire ou l’identité de certains personnages mais l’essentiel est ailleurs pour moi. Il réside dans cette atmosphère fantastique, une ambiance automnale, qui pourrait faire frémir les petits comme les grands enfants.

Cyndi Mauger