Il faut qu’on parle de Kevin

En 2014, j’ai découvert le Nouveau Pavillon, j’ai appris l’existence du festival Eurofonik et je me suis dit : « j’irai ». En 2015, j’ai appris l’annulation du festival et je me suis dit : « dommage ». Et en 2016, j’ai découvert le retour du festival et je me suis dit « j’y vais ».
C’était le vendredi 11 mars, pour la première rencontre Eurofonik : une création spéciale du festival associant trois musiciens, parmi lesquels un prénommé Kevin…

Avant d’en venir à Kevin

Comme au cinéma, une petite mise en condition a précédé notre installation dans l’obscurité de la salle. A notre arrivée, nous trouvons la porte ouverte, les gens debout, suivant un groupe de chanteurs. Parmi eux, des visages et des voix connus, déjà entrevus à la soirée consacrée à La grande pièce. Mais pas que. Avec eux, d’autres potes qui entonnent des chants de tous horizons en polyphonie. Le public s’assoit bientôt par terre. On est comme à la maison (si on avait aussi 9 chanteurs à domicile).

Comme au cinéma

Comme dans le film de Lynne Ramsay, il est question d’un Kevin. Celui-là a dû sortir du lycée il y a quelques années mais il garde un semblant de jeunesse.
Comme au cinéma, il y a un casting : Kevin donc, jeune musicien, le français de la bande, qui se fait l’interprète de la soirée ; mais aussi Maria Simoglou, chanteuse grecque et touche féminine du trio, et Iacob Maciuca, violoniste roumain à l’humour pince-sans-rire.
Et comme dans le film, il est question d’enfermement ; sauf qu’ici la séquestration aboutit à la naissance d’un spectacle musical réjouissant : une vraie tuerie !

Coup de jeune et mélancolie : la recette gagnante

A eux trois, ils font dialoguer voix et instruments pour nous livrer tout cuit un mélange savoureux : un thème de Schumann revisité, Bach revu en version tzigane, des chants venus d’ailleurs, qui font vibrer la corde sensible d’une salle comble.
Les ingrédients ? La voix envoûtante de Maria, le violon sautillant de Iacob, la guitare de Kevin et son tombak (percussion perse).
Et comme au cinéma là encore, il faut montrer que le tournage s’est bien passé ; sauf que là ça sonne plutôt vrai et que la bonne humeur du trio est contagieuse !
Morceaux joyeux, dansants, accents mélancoliques de Maria : tout y est pour que le temps file à vive allure.
Une invitation au carpe diem, puisque le moment est unique : fruit du travail de quelques jours, pas d’enregistrement audio à embarquer chez soi pour réveiller l’émotion du spectacle ; l’opportunité d’être là, d’ouvrir grand les yeux et les oreilles et de savourer !
Avec l’espoir que l’an prochain, Eurofonik sera de retour pour nous embarquer à nouveau dans les tréfonds de l’âme du vieux continent.

Pour entrevoir ce que Kevin a sous la semelle, c’est par ici.

AR