Improvisateur : métier à risques ?

Samedi soir, je suis à la maison de quartier de Doulon, pour assister à une représentation de la LINA ( Ligue d’Improvisation NAntaise). Une dizaine d’acteurs du théâtre d’improvisation seront sur scène, ce soir. En route pour l’inconnu !

Enchaînement de cascades

Le public choisit les thématiques pour les comédiens. "Pourquoi les éléphants ne sont ils pas roses ?", "Honni soit qui mal y pense !", sont les points de départ de certains sessions. Je me demande comment ils vont retomber sur leurs pattes avec de tels sujets. Mais ignorant le risque, les comédiens se jettent tour à tour dans le vide.
Directeur qui parle aux oreilles des animaux, un homme en thérapie ayant une relation malsaine avec sa psychologue, ils enchaînent les situations et contournent les obstacles avec dextérité et adresse. Aucunement paralysés par la peur, dopés à l’adrénaline, les acteurs nous racontent des belles histoires. Par exemple, un avenir réaliste et réjouissent en 2035 (complément impossible !).

La préparation comme minimisation des risques

Tels des cascadeurs, ils enchaînent les exercices de style pour éviter la chute.
Chorale à cinq, ils reprenant chacun les termes de la personne précédente et font avancer l’histoire petit à petit.
Sur un autre sujet, 4 acteurs partent chacun d’un mot pour raconter une histoire différente et puis petit à petit les récits se rencontrent et les dialogues s’entremêlent. Si bien, qu’on ne sait plus qui parle comme s’ils ne faisaient qu’un.
Préparation pour la prochaine cascade : un obstacle est entre les 4 comédiens. Ils vont devoir avoir la dure tâche de partir de deux situations diamétralement opposés et de franchir une porte sans encombre, pour se confronter les uns aux autres.
Comme disait un célèbre cascadeur, Remi Julienne : "les accidents sont rares, par rapport à la dangerosité des figures exécutées. " Et c’est exactement ce que l’on ressent quand on voit la LINA, tout a l’air parfait maîtrisé !

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Crédit photo : Ouest France

Le collectif comme filet de sécurité

Même si les sujets sont de plus en plus complexes, "journal intime d’un arbre", " a quoi les lézards peuvent-ils penser ? ", et faire une chanson en partant du mot paquebot, les comédiens restent soudés dans leur folie. Malgré des thématiques compliquées, les comédiens se soutiennent les uns, les autres, en faisant de la figuration pour faire un arbre, des danseurs, des promeneurs, ou en faisant avancer l’histoire par des nouveaux personnages.
Sur plusieurs scènes, ne faisant plus qu’un, face au danger, ils se serrent les coudes. "On n’a rien sans risques ! [1] " Bel exemple de collectif !

Claire

[1citation de Rémi Julienne