Inauguration du Festival des 3 Continents, de Nantes à Nazareth

Cérémonie d’ouverture du festival au théatre Graslin, projection du film " wajib"

C’est dans le cadre sublime et prestigieux du théâtre Graslin que j’ai eu la chance d’assister à l’inauguration de ce 39ème festival des 3 continents, en compagnie d’une amie.

Pour la petite info, ce festival n’est pas qu’une promotion du cinéma, c’est aussi et surtout une passerelle d’échange internationale des professionnels du cinéma, et de tous les défenseurs et acteurs du septième art. Ce festival "transforme les murs en ponts", crée du lien culturel sur le long terme, permet aux nouveaux artistes de se faire connaitre, brise la censure géo-politique qui bloque l’échange culturel de certains pays.

Après un chaleureux discours du Président du festival, Louis-Jean Ropars, et quelques diffusions d’interviews filmées, nous avons entendu le message émouvant d’un des collaborateurs du festival, attristé par l’absence de réalisateurs Afghans, qui, faute de VISA, n’ont pu venir présenter le projet pour lequel ils ont tant travaillé. Cela nous a encore plus rappelé l’importance de ce festival, qui nous donne accès à une culture au delà des frontières, des différences et des conflits politiques. La salle à applaudit à tout rompre en soutient pour ces artistes Afghans, ce fut un moment à la fois émouvant, et à la fois porteur d’espoir.

Huit films étaient en compétition pour remporter la fameuse "Montgolfière d’or", premier prix du festival. Leurs bandes annonces ont été projetées à l’écran. J’ai trouvé cela assez décevant en les regardant, car finalement, ce n’était que de cours extraits, trop peu explicites pour se faire une idée des films. Pour moi, il manquait vraiment un petit synopsis en voix off ou sous titre, pour dérouler un peu le contexte de chaque film et éveiller la curiosité et l’intérêt du spectateur.

Après cette belle introduction, place au film WAJIB !

Ce film Palestinien a été réalisé par Annemarie Jacir. Le "Wajib" est en fait le nom d’une coutume palestinienne qui perdure jusqu’à aujourd‘hui. Quand quelqu’un se marie, les hommes de la famille, habituellement le père et les fils, livrent les invitations de noces en main propre à chaque invité. “Wajib“ signifie “le devoir social“.

Cette œuvre cinématographique est donc une tranche de vie d’un père et son fils, partis à travers les rues de Nazareth pour le fameux " wajib", suite à l’annonce du mariage de sa fille. Le fils, Sahdi, dont le rôle est interprété par Sahel Bakhri ( on peut le voir aussi dans le film " la source des femmes"), est parti vivre sa vie en Italie. Sahdi ne souhaite pas revenir vivre à Nazareth, et en a plus qu’assez des conflits Israëlo-Palestinien qui pèsent depuis longtemps sur le quotidien. Son Père, Abu, est lui resté là depuis toujours. Professeur et connu de tous, il est très attaché à son quartier, ses racines, et ses traditions familiales. Pour son grand malheur, sa femme à divorcé, et du fait du proche mariage de sa fille, il se retrouvera bientôt seul à la maison.

La situation du père et son fils est donc très controversée, et c’est avec brio qu’on nous offre peu à peu la découverte des sous entendus de chacun de leurs échanges.
C’est une confrontation entre le moderne et le traditionnel. Entre nostalgie, émotion et rire, le spectateur se régale au fil de ce beau voyage dans les rues de Nazareth, dans le cœur et le foyer de ses habitants et leurs habitudes. Jusqu’au bout, les dialogues parlent, les sentiments sont vrais, la magie opère.

Je vous recommande ce film, qui, malgré qu’il ne soit pas "d’action", vous fera bougez loin de chez vous avec passion et sincérité. Sa sortie officielle est prévue en Février prochain.

L’inauguration s’est poursuivie par un cocktail offert par la ville de Nantes. Nous étions ravies de pouvoir ainsi profiter encore un peu de l’endroit, de cette belle soirée, et de pouvoir échanger nos impressions sur le film.

Gwen.

Un grand merci à toutes les personnes qui œuvrent, de près ou de loin, pour la réussite de ce festival ! Vivement l’année prochaine pour le quarantenaire !