J’ai horreur du printemps

"J’ai horreur du printemps" mais j’adore aller au théâtre l’hiver ! Hommage au "Petit Cirque" de Fred par le Happès Théâtre Vertical, au Grand T.

J’ai horreur du printemps, c’est la phrase qui résume si bien Léopold l’un des personnages de la bande dessinée "Le Petit Cirque" de Fred, sortie pour la première fois en 1973. Fred, c’est cet auteur poète qui a crée entre-autre Philémon, héros du rêve et du fantasmagorique.

Dans le petit cirque, nous suivons un couple de forain, Carmen et Léopold, ainsi que leur enfant, qui n’a pas de nom. En tirant sa roulotte, cette famille suit un chemin d’errance qui les amène à faire des rencontres aussi étonnantes que bizarres, voire dangereuses... Un monde du rêve et de la poésie servi par un dessin noir et blanc très épuré et un texte qui l’est tout autant !
Voilà pour la BD.

C’est cela qui a inspiré Mélissa Von Vépy, danseuse contemporaine, et un groupe de jazz mené par Stéphan Olivia, pianiste. Ensemble, ils ont imaginé un "BD concert" agrémenté de moments choisis de danse... Un moment fort de poésie très respectueux de l’univers de Fred.

Pour ma part, j’ai d’abord été intriguée par le titre, la photo d’accroche sur le site du grand T (les cuivres !). Ce n’est qu’après coup que j’ai vu le lien avec la BD de Fred D’autant plus intriguant... J’ai déjà vu des bd-concerts, et comme je suis une lectrice assidue de Bds, j’aime bien découvrir la relecture scénique que les artistes en font.

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J’ai trouvé que c’était une très belle mise en scène, épurée (comme le style noir et blanc de Fred), avec juste ce qu’il faut de petites touches de poésie.
Les images de la bande dessinée (passages choisis) défilent sur un grand écran en toile, les musiciens accompagnent ce récit. Le choix des sonorités colle parfaitement avec l’histoire, alternant gravité, tendresse et poésie. (Je ne suis pas une grande connaisseuse en matière de jazz mais j’ai largement apprécié la prestation, en totale adéquation avec l’histoire !).
Le tout est ponctué des apparitions de la danseuse, qui joue avec les musiciens, avec l’image, avec la scène… On sent que cela a été brillamment pensé et construit, à la fois en restant fidèle au récit, mais aussi avec une interprétation tout à fait personnelle de l’histoire…
Globalement l’ensemble est extrêmement bien ficelé, je trouve la technique artistique et la scénographie très bien pensée.
Mais... je n’ai pas adhéré à cet ensemble. En fait, je me suis volontiers laissée porter par la bd musicale, mais les passages dansés ne m’ont rien apporté.
J’aurais volontiers fait sans ! (sans pour autant critiquer la prestation de la danseuse, qui par ailleurs, est très douée !). Mon ressenti personnel trouve juste que c’est en trop par rapport à mon immersion dans l’histoire. Malgré tout, j’ai vraiment apprécié ce moment en toute intimité !

Nolwenn