J’aime beaucoup ce que vous faites

Mercredi 28 mai, je pénètre pour la première fois dans l’espace de la compagnie du café théâtre et c’est avec plaisir que je découvre ce lieu convivial et plein de charme. Je m’installe confortablement dans une petite salle peu remplie.

L’histoire : Charles et Carole s’apprêtent à recevoir Pierre et Marie, dans leur maison de campagne pour le week-end. Alors qu’ils s’affairent en les attendant, ils reçoivent un appel involontaire dû à une mauvaise manipulation de téléphone de la part de leurs amis. À cette occasion, ils entendent une conversation au cours de laquelle ils sont généreusement critiqués. La mise en scène de ce premier acte s’appuie sur un écran en fond de scène projetant le trajet du couple en voiture permettant ainsi de retranscrire la simultanéité des actions des deux couples. Vexés mais néanmoins déterminés à jouer de la situation Charles et Carole maintiennent la rencontre et le week-end se déroule dans une ambiance tendue.

J’ai trouvé l’intrigue de cette pièce prometteuse et je suis plutôt sensible au huis clos. J’y ai vu une amorce de réflexion sur l’amitié et ses limites lorsque les chemins divergent. Avec le temps, la relation repose uniquement sur des illusions rendues possibles grâce à l’hypocrisie. Malheureusement les personnages sont trop caricaturaux et les clichés trop abondants. Aussi, je me suis retrouvée face à des gens « ordinaires » sans pour autant pouvoir m’identifier à eux.
Je n’ai pas été convaincue non plus par l’écriture des personnages féminins qui sont toutes deux un peu cruches. En effet, celle sensée être intelligente par opposition à la blonde siliconée a une diction qui la renvoie à l’univers de la nigaude. Et ses préoccupations sont presque aussi légères que celles de son amie.

Avant de me rendre à cette représentation, je m’étais renseignée, un peu rapidement sur le contenu. J’aime beaucoup ce que vous faites est présenté comme une satire sociale. Or, je trouve que la critique des deux mondes (urbains/ruraux, bourgeois rattachés au monde de l’entreprise / précarité liées à la volonté de persévérer sur la voix artistique) ne fonctionne pas car trop éloignée d’une réalité tangible. Selon moi, le manque de finesse de l’écriture rattache plus cette pièce au vaudeville contemporain qu’à la satire.

Pour terminer sur une note plus positive, j’ai apprécié les salutations à la fin de la représentation et la possibilité de rencontrer les comédiens dans le bar du théâtre.

Roxane