Jacques Beauregard et la Cité Z

Un film au théâtre ou un scénario cinématographique sur scène ? Les limites des deux arts se brouillent au théâtre Graslin de Poche où s’est joué pendant plusieurs soirées Les aventuriers de la cité Z.

Le scénario s’inspire de l’histoire vraie de Percival Fawcett, un explorateur britannique disparu en 1925 dans la jungle brésilienne en tentant de trouver une cité perdue. Cette légende a inspiré le roman de David Grann La cité perdue de Z, lui-même retranscrit sur grand écran par James Gray, en 2016, sous le nom de The lost city of Z.

Les aventuriers de la cité Z sont plus qu’une pièce, un véritable film sur scène. La mise en scène reprend, en effet, tous les codes des films d’aventures à la Indiana Jones : de l’action haletante, des péripéties inattendues (ou presque), des voyages exotiques, des courses poursuites effrénées, de la subtile séduction, d’odieuses trahisons, des tortures intenables…

Je rends hommage aux artistes – auteurs, metteur en scène et comédiens – qui, avec peu de moyens, ont réussi à créer un environnement favorable à l’immersion pleine et entière dans l’univers de Joan Fawcett, fille de l’explorateur, et Jacques Beauregard, aventurier français – l’ingéniosité des effets spéciaux, des bruitages, des plans… – pour une mise en scène digne du 7ème art.

L’humour et le second degré jalonnent la représentation. Difficile de saisir les multiples allusions et références littéraires, cinématographiques, politiques, d’actualités… voire même sexuelles ! Mais attention Les aventuriers de la cité Z reste un spectacle familial et ludique.

Il n’y a pas de révolution du genre mais l’imagination des artistes a su restituer un véritable film sur scène. Et, je salue leur prise de risques et leur succès car j’ai passé une bonne soirée ponctuée de rires.

Je conclurai en évoquant le théâtre Graslin de Poche qui réserve aux spectateurs un accueil chaleureux presque familial, avec un bémol sur l’attente dans la rue (et le froid) et le manque de signalisation entre la file d’attente pour le retrait des places et celle d’entrée en salle.
La salle de 90 places environ est cosy mais toutes ne sont pas égales en termes de visibilité de la scène. Placé à l’extrémité du premier rang, je n’ai malheureusement pas pu saisir toutes les subtilités visuelles du spectacle.

Vimety