Jeux d’enfants

Jeux d’enfants intemporels, la compagnie Jupon nous emmène dans sa sphère à ONYX.

Est-ce réellement un spectacle ? Tout ça est-il réellement orchestré ? N’est-ce pas simplement deux gosses qui jouent ensemble ? Deux amis, deux frères dont le regard complice ne peut être feinté ? Où est la différence entre ces deux hommes et les autres ? La spontanéité enfantine et la connexion voilà la différence. Rien ne semble réglé au millimètre, tout est fait en fonction. En fonction des spectateurs, du jeu sauteur, de celui qui grimpe le plus vite. Tant de choses implanifiables faisant de chaque représentation un moment unique. Les deux artistes s’hasardent dans le public, riant avec certains, arrosant ou étant perchés au-dessus des autres. Cette interaction démystifie le rapport scène/public, on se sent proches d’eux, comme devant un ring, où les spectateurs placés tout autour apportent leur énergie. On entre, plutôt on nous laisse la vue sur leur sphère intime, délimitée par une structure brute faite de métal, de corde et de bois. Pleine de ressources, ils s’amusent dessus avec une aisance défiant la gravité. Dans cette antre circulaire, un monde à part se crée où jeux futiles et rivalités coexistent. Tantôt unis, tantôt ennemis, ces deux gamins se retrouvent dans un rapport de force où on passe de la partie de rigolade à l’humiliation en deux temps, trois mouvements. Dans cette arène les deux fauves inséparables se séduisent, blaguent et se dominent dans un manège intemporel. Dans ce jeu de compétition effréné, acrobaties, rires, sauts, figures s’enchaînent dans la maîtrise et toujours dans l’idée que « la difficulté d’être ensemble est dépassée par l’impossibilité d’être sans l’autre ».

Marion