Joffrey Verbruggen à la Cie du Café-Théâtre

Du 15 au 17 mai avait lieu tous les soirs à la Cie du Café-Théâtre le spectacle de Joffrey Verbruggen : « liberté ». Un nom de famille tout droit sorti de Flandre et un titre qui fleure bon l’évasion et les vastes prairies, il n’en fallait pas plus pour m’attirer rue des Carmélites.

Joffrey qui ?

D’après les informations glanées avant le spectacle, Joffrey Verbruggen est un jeune artiste belge, comédien de talent reconnu pour des films tels que « La régate » (2010) ou « Krach » (2011). Depuis 2013, il participe au Before de Canal + tout en jouant régulièrement son spectacle « liberté » à la Comédie des boulevards de Paris. Il a également remporté des prix tels que le Magritte du meilleur espoir masculin (en 2011) et un premier prix du jury au Dinard Comedy Festival (en 2013). Pas mal à seulement 25 ans !

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Me voilà donc à la Compagnie du Café-théâtre, lieu que j’apprécie tout particulièrement - en témoignent mes visites régulières. En ce jeudi 15 mai, le temps est magnifique et après un passage rapide à la billetterie pour retirer ma place je profite de mes quelques minutes d’avance pour m’asseoir à une table de la grande cour intérieure.

Un peu avant 21h, les spectateurs sont invités à s’installer dans la salle. Cette dernière n’est pas grande, peut-être 50 places et une trentaine de personnes présentes, mais l’ambiance est là. Les quelques rangées de fauteuils rouges sont toutes remplies et les discussions vont bon train. Je m’installe au fond, pas trop près de la scène en anticipation d’une potentielle « prise à partie » du public par l’humoriste. Sait-on jamais ! La musique d’ambiance se fait discrète, le régisseur ferme la porte. Ça y’est, le spectacle commence.

« J’adore les belges »

La lumière se fait sur l’artiste qui se présente devant nous sans un mot. Quelques secondes, puis le voilà qui retourne en coulisses….pour ne plus en sortir. Devant les encouragements d’une salle décontenancée, il revient « Vous voulez un rappel ? ». Rires. Le ton est donné.

Le spectacle commence et Joffrey Verbruggen nous fait partager son histoire, alternant stand-up et personnages plus déjantés les uns que les autres. De ses débuts à Bruxelles, il raconte avec cynisme les raisons qui l’ont poussé à arrêter les cours de théâtre et ses premières scènes dans le bistrot de sa tante. Décidé à quitter la Belgique pour Paris, il évoque son arrivée dans la capitale et sa rencontre avec les parisiens : coiffeur du marais, amateur d’art contemporain altermondialiste ou encore dragueur de discothèque prennent vie sur la petite scène de la Compagnie. Je souris devant sa perception des différences entre nos deux pays, et ris de bon cœur devant son interprétation du « langage parisien »
Mais surtout, l’artiste détonne par une présence scénique incroyable. Et lorsqu’il évoque avec nostalgie le jour où il a annoncé à sa tante qu’il souhaitait quitter la Belgique pour devenir artiste à Paris, c’est tout le bistrot qui s’incarne sous nos yeux pour y aller de sa remarque grivoise ou intéressée. Quelques minutes plus tard, il se met dans la peau d’une de ses anciennes collègues de théâtre en pleine représentation et soudain tombe à genoux, crie, se relève en tenant dans ses bras un poulet en plastique, et je ne sais plus si je dois rire ou m’inquiéter de sa santé mentale.

Mais le feeling est bon, et même si le spectacle est parfois inégal dans l’écriture de certains sketchs, je me laisse emporter avec plaisir par l’univers complètement fou de Joffrey Verbruggen. L’énergie palpable du comédien ne laisse pas place au temps mort et les personnages sont interprétés avec une grande justesse et beaucoup d’autodérision.

Si tu es mélomane, sache que tu ne seras pas en reste, car cet artiste « touche à tout » manie aussi la guitare. Il le prouve devant un public hilare en détournant les hymnes de Christophe Maé ou de Grégoire dans un « toi plus moi hardcore ».

Joffrey, Denis et Compagnie

Le spectacle se termine. Un rappel, des remerciements, et des applaudissements chaleureux de la part de la trentaine de personnes présentes ce soir-là.

La tradition à la Compagnie du Café-théâtre veut que régulièrement les artistes viennent saluer leur public au bar « Chez Marius » situé au fond du patio. Je m’y rends donc pour un verre, le temps de m’asseoir à une table et de me faire saluer par un très sympathique Denis Maréchal, l’autre artiste présent à la Compagnie ce soir-là. Quelques personnes présentes avec moi dans la salle attendent l’arrivée de Joffrey Verbruggen pour le saluer ou prendre des photos. Quant à moi, je repars finalement avec la satisfaction d’avoir passé une très bonne soirée. « Liberté » est sans nul doute un spectacle prometteur, et Joffrey Verbruggen tire son épingle du jeu grâce à un potentiel théâtral indéniable. A suivre, donc.

Amélie