Kurt est encore vivant ?

Kurt est encore vivant ?

Kurt Cobain serait encore vivant. Ou en tout cas, on pourrait vivre de près ses derniers jours au TNT à Nantes. Voici ce que nous propose la salle de spectacle ce mardi soir.

"Merci pour le drame (dans la vie). J’en ai besoin pour mon art"

Le spectacle serait du genre théâtro-musicalo-grunge et s’appelle kurtd. Aussi barré et indéfinissable que Kurt Cobain ! Le comédien commence la pièce avec une télévision qui zappe sur des images très différentes : publicité, série, documentaire animalier et des images plus expérimentales (avec des vers de terre qui bougent dans tous les sens). L’acteur débute la pièce avec une perruque blonde carrée, des lunettes blanches, avec des vêtements semblables au style du chanteur de nirvana grimé comme Kurt Cobain. Il semble un peu vaseux et lent dans ses mouvements.

Je suis ce que je suis. Je vaux ce que je vaux. Mais qu’importe, je vais dire ce que j’ai à dire, je vais faire ce que j’ai à faire. Ce sera peut être pas parfait mais ce sera.

A l’image de cette citation de Kurt Cobain, le comédien joue le chanteur en montrant tous ses paradoxes. Il reprend des extraits du journal intime du leader de Nirvana, entre folie et tristesse en passant par la joie feinte. Le comédien souhaite montrer l’homme qu’il a été réellement, montrer sa créativité, et non que ses frasques. Mais comment être seul en scène, citer un artiste sur des passages de sa vie et captiver le public ? Et bien le comédien du Théâtre du Zouave y arrive assez bien...

Pourquoi, bordel, les journalistes s’acharnent-ils à pondre des analyses freudiennes minables de mes paroles, alors que 90% du temps ils n’ont pas été fichus de les retranscrire correctement ?

Il prend des citations de Kurt Cobain de son journal intime, en les mettant en scène. Par exemple, il fait semblant d’être interviewé par un journaliste, il en profite pour poser des questions convenues auxquelles il répond avec une provocation non dissimulée. Qu’est ce qu’était Nirvana ? C’est un groupe de musique, qui a des messages, mais est surtout attiré par le fric facile. On comprend à travers ces citations que Kurt Cobain était complexé par son niveau d’études et il trouvait que les médias ne le prenaient pas au sérieux.
L’acteur suit une scène à la télévision et fait les sous titres, en parlant de la poésie et se fichant des médias. Cela semble une obsession pour lui, la sur médiatisation dont il a fait l’objet avec son groupe.

JPEG - 224.6 ko

J’aime les drogues mais mon corps et mon esprit ne m’autorisent pas à en prendre"

Entre ces semblants de dialogues à deux, le téléphone sonne de nombreuses fois. Des fois, il le laisse sur répondeur. Par deux fois, il s’agit de son médecin qui s’occupe de lui. Elle s’inquiète pour son cas et demande s’il est possible au chanteur de se recentrer, de le voir parce qu’elle pense qu’il est dans un état second.
Une autre fois, il se décide à répondre et dit que tout va bien, qu’il n’a pas besoin d’aide. Il lui raccroche au nez. Entre songes et réalité, il voit son médecin à la télé qui lui demande de se soigner, il se rend compte que c’est lui-même qui joue le rôle du docteur...

Ceci ne doit pas être pris au sérieux. Ceci ne doit pas être lu comme des opinions. Ceci doit être lu comme de la poésie.

Le spectacle fait également la part belle aux chansons qui sont reprises en guitare acoustique, entre deux dialogues. Il interprète des chansons de Nirvana, qui ne sont pas forcément les plus connus du groupe. Entre rêve et réalité, on se rend compte de l’ambiguïté du personnage de Kurt Cobain. Et que d’ailleurs avant d’être un personnage public, c’était un humain un peu mystérieux, différent mais désespérément humain...

Ne lis pas mon journal quand je serai parti. Ok, je pars travailler. Quand tu te réveilleras ce matin, lis mon journal, s’il te plait. Fouille dans mes affaires et devine moi.

Ce seul en scène retranscrit la personne de Kurt Cobain, et nous invite dans son univers. Un véritable tour de force !

Claire

* Toutes les phrases entre guillemets sont des citations de Kurt Cobain