L’amour dans tous ses états

Concert de l’ONPL dirigé par Mark Shanahan ou comment cet hymne à l’amour se ressent dans les différentes propositions musicales de la soirée ?

Tout d’abord, le concert démarre sur une composition de Thierry Pécou « qui « rêve de faire résonner le monde entier et cherche à redonner à la musique sa dimension de rituel » .
L’ouverture de cet amour coupable est puissante, puis cela devient entêtant (tel un Philip Glass), intriguant, ça monte en pression. La tension est alors à son comble à la manière d’un film hitchcockien, les violons poursuivant leur partition par des notes progressives, créant tension et distension.
Cet amour est mystère, l’œuvre est rythmée, soutenue et haute en couleurs.

Il se poursuit avec la Symphonie n°4 de Beethoven où le dynamisme et l’énergie sont bien présents. Dans la seconde partie, les mouvements deviennent lents. L’amour passe à l’acte. Puis il renaît d’une pleine vitalité avec ce « cor » de femme, cette embouchure dans laquelle on lui susurre des mots doux.
Dans cette partition, l’amour est surtout incarné physiquement par le timbaliste, qui n’aura de cesse d’accorder son instrument en y apposant son oreille et sa tendresse.

Enfin, l’amour est à son apogée avec l’arrivée du soliste pour interpréter le concert pour piano et orchestre n°20 de Mozart, également surnommé « la symphonie de la patate ». En effet, on y apprend qu’à l’époque, c’était une période heureuse pour le compositeur, marquée par son union avec Constance.
Le concerto démarre par une introduction grave, où l’on est absorbé par la virtuosité du soliste, qui joue les aigus de sa main gauche. Cette agilité, sensualité, légèreté des mains, qui effleurent les touches de piano n’est pas sans évoquer les caresses que l’on apposerait sur le corps d’une femme.
De par cette tonalité dramatique atteignant un seuil émotionnel important, l’amour demeure tragique, passionnel et mélancolique.

Stef