L’amour dans tous ses états

Tout d’abord pour moi c’est la découverte du lieu, le Théâtre Universitaire. Je ne sais pas grand chose du spectacle à suivre, à part que cela parle de l’histoire d’un couple. Impatiente de découvrir « Les Palmiers sauvages » dont le texte est écrit d’après les livres de W.Faulkner, je m’attend à de la folie, je ne serai pas déçue.

Je découvre le décor de la pièce qui évoque un intérieur avec des matelas, un bureau, une table, une étagère… L’œil est attiré par chaque recoin de la scène tellement il y a de quoi attiser ma curiosité de spectatrice. Avec une scénographie comme celle-là, je m’attends à une mise en scène en accord avec toutes les possibilités de jeu qu’offre le décor.
Le spectacle commence… ce sont les chuchotements des deux personnages que j’entends, chuchotements entendables puisque les comédiens portent des micros… quel dommage ! Le théâtre est pour moi le lieu où la voix résonne en nous comme l’expression des émotions. La voix est le reflet de la profondeur du jeu des comédiens, car une voix juste, amène un jeu de scène juste. Et en tant que spectatrice, j’ai été déçue par ce parti pris de mise en scène.

Notamment parce que le jeu de scène de la comédienne interprétant le rôle de Charlotte, est aussi captivant que son amour dévorant pour Harry. La pièce raconte l’histoire d’un amour passionnel. Tout y est exposé : les débuts où seul le sexe compte, la bêtise amoureuse qui nous attendri tend, la passion qui nous amène à passer des nuits à rêver à deux… C’est aussi un amour fou, parfois destructeur et sombre dans lequel les personnages se perdent. Et est-ce vraiment ça l’amour ?

Cette folie amoureuse est admirablement jouée par la comédienne. Elle est naturelle, les différentes teintes de sa voix sont émouvantes et attendrissantes. Sa présence est telle que je ne vois qu’elle sur scène. Je ne sais plus si c’est le personnage que j’apprécie ou le jeu de la comédienne. Peu importe finalement, car j’aime m’y perdre parfois et c’est comme si je ressentais l’égarement dans lequel se trouve le personnage de Charlotte.
Cloitrer dans une histoire d’amour passionnel, Harry et Charlotte s’enferment dans un espace-temps indéfinissable. C’est donc ça tout ce décor, c’est un débarras émotionnel, tout est là pour être détruit, construit et déconstruit durant toute la pièce, tout change, rien est immuable, tout est là mis à nu ! Ça rit, ça rêve, ça danse, ça joue tels des enfants, ça pleurs parfois, ça hurle aussi, ça se déchire, ça se perd, ça se retrouve, ça se tue… bref ça se ressent tout simplement.

Raphaëlle