L’argent ne fait pas le bonheur

L’argent, ça sert à quoi ?
Les deux comédiennes, au talent dingue et à l’énergie communicative, prennent à partie le public et répondent avec lui à cette question.
Vous avez 1 h 30.

Je ne savais pas grand-chose de mon orientation et du métier que je ferais à l’avenir, mais en seconde, j’avais pris l’option SES et, quand il avait fallu choisir, je voulais faire un bac ES. Mais j’étais nulle en maths, nulle en chiffres, douée par la partie S du bac mais nulle concernant le E. Pour pas que je galère pendant deux ans, j’ai fait un bac L. Sans le E et sans le S.

Au conseil de classe qui devait m’orienter, mon prof de SES m’avait défendue contre tous. Il disait qu’avec mes capacités et ma compréhension du Social, le E de ES, je n’en ferai qu’une bouchée. Il était le seul de nous deux à avoir confiance en moi. J’ai mis quinze ans à comprendre qu’il avait raison, que le social et l’éco, c’est finalement très lié. Et ça, je l’ai compris ce jeudi 29 novembre, au théâtre de poche.

Elles parlent de ça. Elles parlent d’argent, de finances, d’économie, de chiffres, de marchés, de banques, de business et de profits. Ça a l’air très sérieux, comme ça sur le papier. Pour moi qui n’ai jamais rien compris à l’économie, ça fait même un peu peur. Parce que souvent, quand on parle de chiffres, moi, je décroche. Tout ce que je sais, c’est que les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Et puis, ce vieux dicton : « l’argent ne fait pas le bonheur ». D’accord, mais alors, que fait-il ?

Il aurait fallu m’entendre rire pour comprendre combien j’ai aimé. Je pourrais même dire que je n’ai jamais autant ri, et que ça un bien fou de sentir les abdos qui travaillent, la mâchoire qui s’étire, le visage qui se relaxe et le corps entier qui se détend. Le rire comme thérapie, je recommande cette pièce comme substitut à tout traitement.

Déjà, c’est drôle, et ça, c’est une première victoire, et non seulement c’est drôle, mais en plus c’est bien joué. C’est pas facile d’amuser sur un sujet aussi sérieux ; les blagues les plus drôles ne parlent pas d’argent. Mais elles réussissent à captiver et rendre accessible ce qui a toujours été ennuyant : parler de fric.

Ensuite, j’ai tout compris. Et pour moi et mon bac L, comprendre l’économie, c’est une belle revanche. J’en ai voulu à tous mes profs qui ont rendu ça si compliqué. Bien expliqué, ça ne l’est pas. Une autre séance comme ça et je repasse mon bac.

Et puis, ça fait du bien d’entendre les femmes parler d’argent. Parler de sauver le monde de la pauvreté. Parler de répartir les richesses et de mettre fin à la confiance qu’on accorde aux plus riches. Parler de solutions intermédiaires, d’échanges, de services, de trocs, de tout ce que l’argent ne peut acheter ; de ces valeurs qui lient encore les Hommes et qui nous rendent riches du contact de l’autre, quand les riches, eux, s’isolent avec leur solitude.

Audrey Mallada et Aurélia Taste seront les 6, 7 et 8 décembre à 19 heures au théâtre de poche. L’argent ne rend pas heureux mais le théâtre oui.

Marie