« L’enfer, c’est les autres »

Paradis d’enfer est une pièce de théâtre rythmée, drôle et parfaitement interprétée par Marie Blanche et Alain Chapuis à la Compagnie du Café-Théâtre.

Ce titre « Paradis d’enfer » et l’histoire de la pièce m’ont fait penser à la célèbre citation extraite de la pièce de Jean-Paul Sartre « L’enfer c’est les autres ».

Cette citation qui est passée dans le langage commun exprime le fait que l’autre est un miroir déformant de nous-même. Quelque soit notre opinion de nous-même, le jugement d’autrui entre en compte. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres nous ont fournis. C’est-à-dire que si mes rapports avec autrui sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors en effet je suis en enfer.
Une autre interprétation plus simpliste est que, le fait d’être avec nos semblables est un enfer. Le fait de devoir supporter, s’adapter aux autres peut se révéler un véritable enfer.
Ces deux versions peuvent s’appliquer à la pièce à laquelle j’ai eu le plaisir d’assister.

Le rideau s’ouvre. Je suis face à un décor exotique : cabane, sable, cocotier qui me projette sur une ile déserte. Une femme est présente est semble parler à sa robe. Etrange. Loufoque.
Très rapidement nous comprenons que cette femme vit seule sur une ile déserte. Le texte est vif, drôle et l’interprétation de Marie Blanche très juste.
De nombreuses interrogations surgissent : qui est cette femme qui semble si distinguée sur une ile deserte ? Comment est-elle arrivée là ? Pourquoi ?...
Surgit ensuite un homme trempé, haletant avec une bouée de sauvetage autour du cou qui semble paniqué. Ces propos sont incompréhensibles, il a besoin d’aide. Il s’agit en fait de Yann Kervinel, navigateur du Vendée Globe qui vient de chavirer en pleine course et d’échouer sur l’île déserte où Colombine est exilée.

S’ensuit une rencontre haute en couleur et en folie entre ces deux fortes personnalités qui vont devoir cohabiter dans ce milieu clos. L’enfer de devoir s’apprivoiser l’un l’autre fait place à de l’intérêt puis de l’amour.
On découvre au fil de la pièce que ces deux personnages ont bien plus en commun que ce qu’ils pensaient. Des secrets les unissent.
L’amour, la haine, la vengeance s’entremêlent et nous tiennent en haleine du début à la fin.

Un grand bravo aux comédiens et un grand merci à Alain Chapuis pour ce texte rythmé et drôle qui nous permet de ressortir en ayant mal aux zygomatiques.

Caroline Vié