L’herbe tendre.

Le fil rouge est haché menu.
Amis poilus.
Je me tiens immobile, et retient mon souffle.
Défis en pantoufles.
De peur qu’à trop bouger, je suive les défunts qui m’appellent.
Toc Toc Toc
Des ancêtres brigands et poètes, acrobates et soldats apparaissent dans la mitraille et me parlent, me hurlent, la vanité du combat. Le feu nous consumme et du même coup éclaire un chemin dans la nuit.
De ma vie, je retiendrai les gestes inutiles et l’amour. Alors ce soir jouons, que les rires couvrent les canons, je te donne tout, je veux perdre mon temps arrosé de bonheur.
Le visage fendu, le cul dans l’herbe, le temps passe et la vieillesse viendra, sans sagesse mais avec de la merde dans les chaussettes.

Le théâtre sans murs "ici ou là" à Indre, a reçu en résidence de création la compagnie Galapiat. C’est donc à une présentation du travail en cours auquelle nous avons assisté.
Toutefois, quelques enjeux ont été mis en avant et pour moi la thématique maitresse est l’altérité, car on se construit dans le regard de l’autre, on définit ses limites et ses forces en les mesurant à celles de ses pairs. C’est un combat contre soi-même, une recherche pour se sentir vivant qui pousse à tenir toujours une seconde de plus. Comme dans une vanité, la chute, le risque d’échec, et la mort font partie du tableau. Entre une peinture de Goya et un clip de Pink Floyd le public est tenu en haleine, parfois un peu crispé.
Jusqu’où peut-on aller trop loin ? Se "mettre en danger" devant témoins, pour dire quoi ? Dans une société ultra sécuritaire, où la réussite se mesure dans les réseaux sociaux, quelle est la place du corps ? A quel moment l’action volontairement inutile est-elle malgré elle, un engagement ? Quelle place est donnée aux poètes ? Sommes-nous capables d’être ce héros qui donne à boire à l’ennemi qui veut nous tuer ?
Pour savoir si ces questions survivront à l’écriture du projet intitulé "L’herbe tendre" il faudra aller voir le spectacle une fois terminé, si ma mémoire est bonne, en octobre au Lieu Unique.

En attendant, chantons Gainsbourg,
"La la la la la... De quelques baisers tendres, sous un coin de ciel bleu... "

H.