L’Ode à l’amour à la Cité, un grand kiff !

Jeune femme de la vingtaine, je me retrouve, un peu par hasard, au concert de musique classique organisé par l’ONPL « Ode à l’amour » à la Cité des Congrès. Par le biais de l’Atelier des Initiatives, j’ai la chance d’assister aussi à une visite des coulisses avant le concert. Peu habituée à cette forme musicale, je me laisse porter par l’événement tout en réfléchissant à l’effet de ce moment original sur moi-même.

Mais qu’est-ce que j’fais là ?

Assister à un concert de musique classique pour ensuite écrire un article sur le sujet…Quelle idée ! Moi qui ne sais même pas faire la distinction entre un violoncelle et une contrebasse.
Enfin, le but n’est pas de tout connaître, simplement de découvrir ce genre musical…pouvoir l’apprécier… et m’exprimer sur mes ressentis.
Ressentis, ressentis…Pour me mettre dans l’ambiance, on m’a même faite entrer par l’issue de secours. Plutôt sympa de me retrouver côté artistes, découvrir les coulisses, observer ce que les spectateurs ne peuvent pas voir.
Tiens d’ailleurs, quelle surprise ce jeune musicien avec son tee-shirt de surf, qui avant le concert avoue écouter du métal en dehors de son travail.
Finalement, le classique ne s’adresse pas seulement aux mamis-brushing-j’ai-renversé-tout-le-chanel-N°5-sur-mon-bustier. Quoi que, tout de même, le public qui m’entoure ce soir, c’est plus du ¾ de siècle que de la génération Y…

JPEG - 6.2 Mo
La visite des coulisses
A la place des artistes

En scène !

Ah, j’aperçois maintenant le surfeur, avec sa queue de pie bien calée sous son postérieur, ses chaussures cirées et son tuba (oui, c’est un instrument de musique aussi.) à la bouche. Les sièges couleur prune autour de moi s’effacent pour laisser apparaître le chef d’orchestre. Je le vois serrer la main au premier violon (le rituel, à ce qu’on m’a dit !) puis il commence à faire batifoler ses bras, sa tête et même ses pieds. Les archets pointent leur nez, les cordes se déchainent et les vents sont à bout de souffle. Un vrai spectacle.
Je décide de fermer les yeux. Les sonorités font apparaître dans mon esprit un jeu entre un homme et une femme. L’attente d’une réponse. De la douceur mais aussi de la souffrance…beaucoup de souffrance ! « L’amour coupable », c’est bien çà ?!
Puis les musiciens enchaînent sur le concerto n°20 de Mozart, cette fois accompagnés d’un pianiste. J’ai l’impression que c’est lui qui devient maintenant le maître à bord. Ses mains glissent sur les touches et un dialogue s’installe avec les autres instruments.
Cette deuxième partie se conclue par un piano endiablé…extraordinaire ! Le pianiste s’essuie le front et sort de scène.
De grands applaudissements emplissent la salle. Une partie du public profite de cette pause -euh pardon, de cet entracte- pour tousser et se dégourdir un peu les jambes. (Oui, du ¾ de siècle, je vous ai dit !)

JPEG - 2.9 Mo
© Christelle Delplace

Hey, j’connais !

Troisième concerto, la symphonie n°4 de Beethoven. Celle-ci, je la reconnais ! Mais qui ne la pas déjà entendu dans une BO de film ? Une mélodie câline puis plus dynamique, quelque chose qui s’emballe, bat la chamade. Comme deux corps qui se rapprochent et forment finalement plus qu’un pour atteindre l’extase. Même le chef d’orchestre s’emporte : Sur la pointe de ses pieds, il guide parfaitement ses musiciens. La virtuosité de ce son final me transporte. Plus qu’une ballade, un voyage.
Fiioouu… « La symphonie de la patate », on m’avait prévenu !

Aller hop, si le surfeur fait du tuba, moi je peux bien écrire un article sur un concert de classique !

JPEG - 101.1 ko

Christelle D.H.


Chef d’orchestre : Mark Shanahan
Pianiste : Ronan P’Hora