La belle équipe

Un spectacle d’acrobaties éblouissant, drôle et poétique de la compagnie XY, où le sens prépondérant du collectif entre en résonance avec l’esprit des places de ce printemps 2016.

Ils sont nombreux - une bonne vingtaine. Ils sont grands, petits, musclés, filiformes ou ronds. Ils sont vêtus de façon un peu rétro, gilets et tissus vintage. Sur le plateau nu, ils commencent par s’empoigner les uns les autres, se bousculer, s’éprouver d’abord dans la violence avant que des figures émergent de cette confrontation première.

Comme si le collectif commençait dans le conflit avant que l’on ne puisse passer à autre chose, danser sur des rythmes swing et construire d’éblouissantes pyramides humaines. Toujours en mouvement, dans tous les sens, ils (se) jouent de la gravité, s’élancent et se lancent les uns les autres, se rattrapent avec précision, et ne s’arrêtent pas une seconde pour souffler avant de reprendre leur danse endiablée. Sur des airs de lindy hop, ils créent des portés acrobatiques à couper le souffle, enchaînent des mouvements complexes où plusieurs corps interagissent les uns sur les autres avec fluidité, comme s’ils commençaient à ne plus former qu’un seul être.

JPEG - 151.8 ko
Prudence au Grand T, des lancers intempestifs d’acrobates sont à prévoir.

De fait, la compagnie XY, issue de l’École Nationale des Arts du cirque, joue vraiment collectif. Tous prennent les décisions ensemble et perçoivent le même salaire. Une utopie qui fait écho aux rêves actuels de renouer le dialogue et de construire ensemble, mais surtout qui se perçoit énormément sur le plateau.

En effet, au fil du spectacle, plus encore que la virtuosité, c’est une entente collective, un esprit de groupe d’une intensité rarement observée sur l’échelle de Richter qui suscite l’admiration. Si un acrobate glisse, ses camarades le rattrapent avec une célérité et une précision impressionnantes. S’ils s’empoignent, c’est pour mieux se tenir. Les figures exigent une confiance et un degré d’écoute incroyable, alors que le rythme du spectacle ne faiblit pas un seul instant. On ne sait plus où donner de la tête, il y en a partout !

JPEG - 98.7 ko
Crédit photos : Christophe Raynaud de Lage

L’écriture du spectacle laisse aussi la place à des moments d’une grande poésie, où les lumières rasantes transforment un amas de corps mêlés en une entité nouvelle et protéiforme, tendue vers un seul but. Les XY ne font pas que représenter le collectif, ils sont collectifs, et ça se sent. La fluidité des corps et leur entente, l’écoute entre les acrobates, est tout bonnement époustouflante, et je ne peux la retranscrire ici : ma plume s’avère bien plus lourde que leurs corps !

Je ne peux donc que vous recommander chaudement (je vous l’ordonnerais si j’en avais la légitimité, pour être honnête) de courir au Grand T pour cette expérience unique, qui se joue jusqu’au 23 avril.

Chloé Averty

P.S. : le samedi 23 avril, de 15h30 à 17h, la troupe vous ouvre ses portes pour une répétition publique au Grand T.

P.P.S. : Si vous n’êtes pas convaincus, allez regarder le teaser du spectacle ici : https://www.youtube.com/watch?v=fV2... !