La classe à l’italienne : rétrospective Marcelo Mastroianni au cinématographe du 27 novembre 2019 au 13 janvier 2020

Marcello Mastroianni est un acteur italien, icône du cinéma. Sa carrière s’étend de 1939 avec des premières apparitions jusqu’à 1997. Entre les deux, il aura tourné dans plus de 140 films et pour les plus grands réalisateurs italiens (Luchino Visconti, Federico Fellini). Cette rétrospective composée de 18 films couvre l’ensemble de sa carrière, de ses premiers films marquants (Paris est toujours Paris) à ces rôles dans les films mythiques (La Dolce Vita, Huit et demi) jusqu’au terme de sa carrière.

En me lançant dans cette rétrospective, je me demande comment je vais apprécier ce cycle. Car je saisis bien l’intérêt lorsqu’il s’agit d’un réalisateur ou d’une réalisatrice. On y voit alors dans leurs films des thématiques récurrentes, des commentaires sur une époque ou bien une réalisation qui évolue ou qui garde ces spécificités. Mais qu’en est-il pour un acteur et une actrice ?

Rendons grâce à la programmation du Cinématographe de proposer au début du cycle une conférence d’introduction par Mathieu Sabourdin, directeur de publication du "Dictionnaire du cinéma italien" (éd. Nouveau Monde) et enseignant cinéma à l’Université Jules Verne d’Amiens. Celle-ci est un excellent moyen d’en savoir un peu plus sur l’acteur et ce qui nous attend dans les films. J’y ai appris que Marcello Mastroianni a développé une grande partie de sa filmographie sur son image publique (celle d’un homme italien, viril, charismatique et beau) en la détournant et en jouant avec. Dans ses rôles les plus célèbres, Mastroianni a en effet joué des hommes bien loin de cette image : en crise dans La Nuit Blanche, pathétique dans Divorce à l’italienne ou bien encore impuissant dans Le Bel Antonio. On peut donc saluer la programmation du Cinématographe qui permet de bien parcourir l’ensemble de cette carrière et d’en apprécier les différentes composantes.

Si ces films les plus mythiques y sont diffusés, je découvre dans la sélection des films dont je n’avais jamais entendu parlé : par exemple, Le Pigeon de Mario Moncelli, L’Apiculteur de Theo Angelopoulos ou Touche pas à la femme blanche de Marco Ferreri. En tout, je pus assister à la projection de 4 films : 1, 2, 3 soleil de Bertrand Blier (1993), Divorce à l’italienne de Pietro Germi (1961), Les Camarades de Mario Moncelli (1963) et L’Assassin d’Elio Petri (1961). Dans le premier, Mastroianni y joue un père absent et alcoolique tout en restant attachant, dans le second il y joue un sicilien noble et pathétique (et finalement hilarant) manipulant sa femme et son entourage afin de se débarrasser d’elle, dans Les Camarades, il y interprète un intellectuel qui vient en aide à des ouvriers en grève à Turin au début du XXème siècle, enfin dans L’Assassin, Mastroianni joue un homme accusé du meurtre de sa maîtresse mettant en lumière son comportement égoïste et peu scrupuleux. J’ai apprécié différemment ces films : j’ai beaucoup (beaucoup !) apprécié la comédie Divorce à l’italienne ainsi que le film Les Camarades. À l’inverse 1, 2, 3 soleil m’a laissé plus perplexe. Mais dans l’ensemble, les performances de Mastroianni m’ont toujours fait une bonne impression. Par ses intonations, son rythme de parole et les mouvements de son corps, j’ai, à chaque fois, oublié l’acteur et pu croire en ces personnages. Ce qui est une grande réussite et signe de talent ! Et qui explique sans doute la marque qu’il a laissé dans le cinéma.

Au final, même sans assister à toutes les séances, on peut saluer les choix de programmation du Cinématographe dans ce cycle qui permettent de voir sur grand écran les pièces maîtresses de la filmographie de Marcello Mastroianni tout comme ses films plus rares. Sans cette rétrospective, jamais je n’aurais eu l’opportunité de voir L’Assassin ou Les Camarades. Je serais peut-être même passé à côté de la comédie Divorce à l’italienne, film que je recommande chaudement à tout le monde !
Si la programmation du cycle était dense et variée, j’en ressors tout de même avec une pointe de frustration : certains films ne sont restés à l’affiche que quelques jours (L’Etranger de Visconti, tout juste une semaine, idem pour La Dolce Vita), ce qui est parfois court. Cela est accentué par le fait que certains films que j’attendais beaucoup (La Dolce Vita, 8 et demi surtout) ont été diffusés seulement pendant la période des fêtes de fin d’année où l’on est plus susceptible d’être parti rejoindre sa famille loin de Nantes… Espacer les dates de diffusion des films m’auraient sûrement permis de les voir… Pour une autre fois !

Pour aller sur le site du cinématographe : https://www.lecinematographe.com/
Pour découvrir la carrière de Marcello Mastroianni en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=egDVXuscpss&