La couleur des sentiments

Ne vous attendez pas à ce que je fasse la critique du livre de Kathryn Stockett, du même nom que cet article et best seller mondial paru en 2010, mais apprêtez-vous plutôt à lire celle d’une pièce de théâtre que je suis allée voir au TNT mercredi dernier et qui parle de l’amour sous toutes ses couleurs : Histoires d’hommes.

JPEG - 79.3 ko

Histoires d’hommes ce sont… des histoires sur les hommes. Ceux que les femmes aiment ou détestent ou un peu les deux à la fois. Ceux qui font voir la vie en rose ou en noir ou rendent vertes de rage.

Tels des tableaux qui se succèdent, la pièce démarre à la sortie du lit de trois jeunes femmes colocataires. La journée commence et les traits de caractère de chacune se dessinent : Rose - lunaire en quête du prince charmant, Carmen - autoritaire attachée à son indépendance, et Blue - mystérieuse amoureuse inconsolable. Il y a une véritable communion entre leurs prénoms et les sentiments qu’elles portent aux hommes. Comme quoi, les couleurs de l’amour peuvent être multiples…

Pendant 1h20, je vais donc suivre l’intimité de ces trois femmes. Leurs tribulations me font rire et m’émeuvent. Les tableaux, aux couleurs tantôt vives, tantôt sombres, dépeignent les sentiments de joie, de frustration, de désir, de doute et de faiblesse que l’on peut ressentir dans une relation amoureuse. Elles traitent aussi de l’amour destructeur, celui qui blesse et laisse des marques à jamais. Malgré tout, les trois jeunes femmes partagent leurs espoirs sur le « vivre à deux ».

Cette adaptation du texte de Xavier Durringer par la compagnie Détour Né cherche à coller au maximum à la réalité. A travers les situations et les anecdotes, on se reconnait tous un peu dans ces trois femmes. Cette immersion est aussi permise par la justesse du jeu des comédiennes (Morgane Enjalbert, Nolwenn Le Floch et Isabelle Rouvrais). Seul petit bémol pour le personnage de Blue qui, à mon sens, est un peu plus difficile à approcher, car complexe, et coupe le fil rouge qui court tout du long de la pièce.

La bande son qui donne le tempo laisse, à quelques reprises, sa place à la voix et au geste. Je regrette que ces instants aient été trop rares car ils auraient permis d’exprimer d’une autre façon les sentiments et auraient donné au propos une dimension plus sensible.

Histoires d’hommes est malgré tout l’occasion de passer une très belle soirée. J’entends déjà les hommes me demander si ce n’est pas un peu trop fleur bleue pour eux. Et bien non pas du tout ! Chacun trouvera sa place dans cette panoplie d’histoires qui, en traitant de la question des relations amoureuses, aborde celle de notre relation à soi et aux autres. En quelque sorte, toutes les couleurs des sentiments…

JADe