La cuisine d’Elvis

Pierre Maillet et le théâtre des Lucioles nous propose une version de la pièce "La cuisine d’Elvis" de Lee Hall, un huit-clos à l’humour so british, au TU.

Le texte de Lee Hall est un régal. "La cuisine d’Elvis" nous propulse à l’intérieur d’une famille dysharmonique, entre un père ancien imitateur d’Elvis Presley devenu paralytique, une mère qui se perd dans sa recherche de bonheur et de jeunesse perdue dans les fêtes et le sexe, une adolescente qui passe son temps à cuisiner. Là-dessus, la mère ramène un jeune amant dont la seule présence va détruire le fragile (dés)équilibre de cette cellule familiale déjà bien mal en point. Cette comédie tient à la fois d’un humour très anglais et d’une mise en scène de la misère sociale, dans la ligné d’un Ken Loach ou d’un Danny Boyle.

Pierre Maillet restitue parfaitement cette ambiance dans son choix de décor et de mise en scène. La pièce est rythmée, les dialogues délectables. On n’a pas le temps de s’ennuyer face à cette famille en pleine crise identitaire, où chacun des protagonistes s’enfonce un peu plus dans dans ses propres travers et où les places de chacun des membres de la famille se confondent pour finir par se perdre.

Par contre, j’aurai aimé que les séquences où le père "revit" en entonnant les succès du King soient plus spectaculaires et interactifs afin d’amener un peu plus de rythme. Ces séquences m’ont, au contraire, semblé longues et cassant le rythme général de la pièce, dommage.

Michaël