La douceur perméable de la rosée, quand l’Antarctique s’invite à Onyx

Une scène, trois danseurs, un écran, quelques accessoires : voici les éléments imaginés par Pablo Dècina pour transporter les spectateurs du cube noir dans un voyage en terres australes. C’est en effet après un séjour de quatre mois sur l’archipel des Crozet que le chorégraphe, a conçu ce spectacle épuré et poignant. Sur scène, les trois danseurs évoluent au fil de la musique, leurs mouvements mêlant une certaine animalité à une grâce évidente. Leur chorégraphie représente une véritable traque, deux des danseurs étant de toute évidence dans la peau de chasseurs, tandis que le troisième se transforme en une proie féroce, mais apeurée. Après une lutte, toujours en mouvements synchronisés, l’animal succombe, les deux chasseurs triomphent.

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Crédit photo : Frt Photo

En arrière plan, un écran géant diffuse des images rappelant la banquise. Des cubes de glace semblent se mouvoir, des paysages plus verts apparaissent également. Au delà des ces éléments, Pablo Dècina nous propose par cette œuvre une réflexion sur la puissance de la nature, mais aussi sur l’influence que l’Homme peut avoir dessus. Quelle est la place de l’être humain parmi la pureté des paysages vierges ? La nature reprend-t-elle toujours ses droits ? L’homme qui veut chasser l’animal n’en est-il pas lui même un ? Une part de primitivité sommeille-t-elle en chacun de nous ?

Bien que j’ai trouvé certains passages plus complexes à comprendre que d’autres, la beauté et la grâce des mouvements des trois danseurs ainsi que ce rapport à la nature, à la fois servante et maîtresse de l’Homme, parfaitement dépeint par Pablo Dècina m’ont emporté tout au long du spectacle vers une belle épopée dans les terres sauvages de l’Antarctique.

Cassandre