La justice a une étrange puissance de séduction ne trouvez-vous pas ?

En effet, de nombreux spectateurs se sont laissés séduire par la poésie de ce titre dont la sensualité sous-cutanée vient ébranler la morale des juges.

Du 9 au 13 octobre, au théâtre universitaire, une injustice à été commise en "ma" faveur. Le malaise plane dans la salle avant le début du spectacle.

C’est un fait, les cerveaux du 21e siècle sont surchargés, tatoués de diodes cathodiques et habitués aux ondes ; par voie de conséquence, la mise en scène de type jeu télé accompagné de musique minimale à cela d’étonnant qu’elle détend l’atmosphère.
Le malaise se dissipe.
Les séances de confessionnal télé-réalité et votes d’élimination se succèdent, à la différence de la télé-réalité qu’il n’y pas de pub intempestive, et que la vulgarité caractéristique de ses émissions est absente. Mesdames et messieurs les juré-spectateurs s’ennuient. Les votes sont sans surprise. Quelques intellos à la patience érodée par le zapping quotidien quittent même la salle.

La pièce est sur le fil, l’équilibre est ténu. Je pense à la distance qui nous sépare du théâtre de la cruauté, me demande s’il est encore d’actualité, et j’attends la transcendance sans grande conviction.
Heureusement la mise à mort du présumé coupable révèle de belles trouvailles scénographiques. Dès lors, le vertige du pouvoir s’installe et c’est avec un étrange soulagement que l’on accueille les émotions contradictoires promises, sensées questionner les relations humaines. Les rapports de domination, l’impuissance et la soumission, la morale et le plaisir sont enfin sur scène, (sans démesure ni fausse note) de juge je suis devenu voyeur, témoin, complice et coupable. L’œil omniscient envahit l’espace de son rire caustique, on se fait insulter, on en prend pour son grade et finalement, puisqu’on est au théâtre, ce n’est pas désagréable.

H.