La R.A.G.E de faire vivre ses idées

Illusion ou intimité ? Mensonge ou vérité ? Doute ou subjectivité ? Se censurer ou se cacher ? Tant de questions posées ce 7 février au Grand T avec la Compagnie Les Anges au Plafond. Indice : la réponse se cache dans ces initiales R.A.G.E.

L’humain est un être complexe, qu’en est-il de l’écrivain ? R.A.G.E aurait pu tout aussi bien se nommer E.G.A.R.E tant de fil en aiguille on se perd dans la vie de ce personnage du XXe siècle. On joue au chat et à la souris avec ses différentes identités, les différentes parties de sa vie, les lieux où il a vécu, les personnes qui ont compté et les personnages qu’il a créés.

Se censurer ou se cacher ? « On est rien sans un nom. Déjà qu’avec un nom, on n’est pas grand-chose… ». A chaque période, un nouveau nom. La pièce de théâtre R.A.G.E. raconte comment un homme s’est inventé différentes identités pour échapper à la censure de la société et à sa propre censure. R.A.G.E sont les initiales d’un homme qui a choisi de s’effacer pour faire vivre ses idées.

« La fiction est un antidote à la réalité ».
Nous voilà emportés au centre d’une épopée tissée de fils de téléphone et tapissée de lettres remplies d’amour maternel. Narines dilatées, oreilles déployés, yeux grands ouverts, nous suivons la traversée de l’auteur entre les pages de ses romans à la recherche d’inspiration, à la rencontre de ses personnages. Les marionnettes et la machinerie remplissent l’atmosphère de magie.

Illusion ou intimité ? « Et s’il y avait plusieurs points de vue possibles sur une même histoire ? » Réussie est un bien faible mot pour décrire la scénographie pensée par la compagnie les Anges au plafond. Rien n’est laissé au hasard. De quel côté seras-tu placé pour suivre l’histoire de cette illustre « anonyme » ? Côté médiatique, de la lumière et des paillettes ? Côté intime et secret, et des ombres qui le hantent ? Une chose est sûre, une telle pièce et histoire de vie ne laisse pas indifférent. Tant et si bien qu’en tissant petit à petit le fil de la vie de cet illustre écrivain, on déroule le fil de la nôtre.

A vivre et revivre !

Blandine LF