LA REVUE DES BANANES FAIT SON CINEMA

Le Théâtre 100 Noms se met en mode cabaret jusqu’au 31 janvier. Une revue, des bananes, des chanteurs, comédiens et danseurs. Un joli programme pour ce théâtre à l’italienne qui remet au goût du jour, pour la 2ème année consécutive, les vieux cabarets d’antan.

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UNE REVUE QUI NE VOUS PREND PAS POUR DES BANANES !

En entrant dans le théâtre, nous sommes accueillis par quatre filles en petites tenues noires et chapeau à la Spirou, ce qui met rapidement dans l’ambiance. La salle se remplit très vite pour cette 1ère représentation. Le grand rideau rouge est tiré et quand il se lève, un grand écran se dresse devant nous ! Sommes-nous venus au théâtre pour voir un film ?
Rassurez-vous, comme sait si bien le faire Laurent Cailleton, directeur artistique, auteur et metteur en scène de ce spectacle, la revue des bananes est certes une revue mais une revue moderne et qui plus est sur le thème du 7ème art. Comme au cinéma on commencera donc par un peu de publicité. Il s’agirait même d’un des éléments qui m’a le plus fait rire ce soir-là. Vous ne regarderez plus vos pubs de la même manière après cela. La revue des bananes a tourné ses propres publicités ou plutôt en a détourné plusieurs dont certaines ont marqué la plupart d’entre nous. « What else ? » de Georges Clooney, « What did you expect ? » d’Uma Thurman ou encore « Mais ça c’était avant » sont des répliques reprises, déformées pour le plus grand plaisir des spectateurs !
C’est ainsi que commence la grande épopée du cinéma et de la musique, qui est en indissociable, et que veut nous faire revivre la revue des bananes. Les références ne manquent pas, du cinéma muet au plus récent. Il y en a pour tous les goûts, toutes les générations.

Nous assistons également en direct à une cérémonie de la remise de la banane d’or de la meilleure actrice ou du meilleur acteur.
Vous ne pourrez pas rester indifférent à la banane ni aux nombreuses surprises qu’elle vous réserve. Elle renverse parfois les codes comme cet effeuillage au masculin ou encore un Charlie Chaplin joué par une femme. La banane reste toutefois fidèle aux revues qu’ont pu connaître nos grands-parents avec, en meneuse de revue, non pas Joséphine Baker, mais une femme, tout de même ou encore une musique jouée en direct par des musiciens talentueux et acteurs, malgré eux, de l’histoire qui se déroule sous leurs yeux.

Amateurs de cinéma, musique de film, comédie théâtrale ou simplement amateur d’un moment convivial, rendez-vous au Théâtre 100 Noms.

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MON AVIS DE JURY DE CÉRÉMONIE

Vous l’aurez compris, le spectacle m’a plu. En êtes-vous si sûrs ? Ne serait-ce pas du cinéma ?

Malgré des textes astucieusement bien écrits, des décors et costumes en parfaite adéquation au thème de la soirée et de très bonne qualité, j’ai tout de même eu de mauvaises surprises. Dès la 1ère chanson les chorégraphies étaient hésitantes et le rythme faible. Il y a eu de nombreux blancs durant le spectacle. Non pas des oublis de textes mais le rythme était comme cassé : cela manquait de cadence à certains moments. Le jeu des comédiens étaient parfois hésitants et j’ai eu l’impression d’une gêne dans des rôles qui, pourtant, doivent être un vrai régal à interpréter !

Rappelons-nous tout de même qu’il s’agissait de la 1ère représentation et qu’une 1ère représentation est toujours délicate à présenter. Je suis certaine qu’en ce début janvier, un mois après la 1ère date, les rôles ont dû s’étoffer, les comédiens ont, sans aucun doute, pris confiance en eux et doivent s’amuser comme des fous à jouer ce spectacle.

Je n’ai donc qu’un conseil à vous donner : si vous ne l’avez pas encore vu, allez-y. C’est mieux qu’un film, mieux qu’une succession de publicités et ce n’est pas tous les jours que l’on peut aller voir une revue de nos jours !

Coline Blourde