La tradition s’invite à Stereolux

Samedi 12 mars Stereolux vibrait d’un sentiment de fraternité, de joie, de fierté et de breizh humeur. « Eurofonik Fest-Noz System » ne porte pas son nom pour rien, le festival s’est donné pour vocation de mettre à l’honneur des musiques traditionnelles revisitée en Europe et le pari est réussi. Divers artistes s’approprient les cultures populaires, s’emparent de l’héritage musical de nos traditions pour réinventer une musique actuelle qui fait vibrer toutes les générations.

Moi qui suis une habituée de Stereolux j’ai découvert un autre univers en entrant ce jour-là dans la salle, j’ai croisé des très jeunes mais aussi des plus âgés, et surtout un grand nombre de femmes aux cheveux longs, nues-pieds, vêtus de longues robes, la plupart du temps, vertes. J’ai eu la sensation d’entrer dans la forêt de Brocéliande.
Loened Fall, groupe emblématique du fest-noz, a renforcé la cohésion du public en lui donnant l’occasion de danser les rondes bretonnes dans la fosse de la grande salle Maxi. Mais ce sont Super Parket et surtout Krismenn et Alem qui m’ont marquée lors de cette soirée. J’ai assisté à la prestation de Super Parket du balcon de la grande salle Maxi et l’union des lumières, de la vision du public en mouvement chorégraphique allié à la musique électro était simplement magique. Leur musique est sauvage, énergisante, électrisante… Nous avions la sensation d’être transportés loin, très loin de Nantes, lors de cette prestation bien trop courte à mon goût.
Nous étions déjà bien rassasiés d’être la lorsque nous avons découvert le GROS point fort de la soirée, comment dit-on une claque en breton ? Car c’est bien une claque qu’on s’est pris. Krismenn et Alem c’est inqualifiable, ça te fait vibrer de l’intérieur, il est impossible de ne pas danser, sauter, crier pendant leur show qui te bouscule par la violence des basses et la présence scénique des deux artistes. C’est jubilatoire et d’autant plus lorsqu’on est entourés de deux beat-boxers dans la foule qui savent comment répondre à leurs compères sur scène et ambiancer tout un public. Lorsque le show se termine on est rincés, comme si nous avions été à leur place, et pourtant on en veut encore… ils ont enflammé Stereolux, c’est ce qu’on appelle du gros son.

Clémentine Olivas