La tragédie d’Astérion

En ce début de mois d’octobre, le TNT - Terrain Théâtre Neutre "scène de découverte", propose une nouvelle interprétation du mythe du Minotaure, mise en scène et composée par Yto Legout pour la Compagnie Les Embarqués

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Tout le monde connaît cette histoire antique. Cependant sa lecture et son sens ont varié dans le temps. J’ai donc assistée, curieuse et intriguée, à cette « adaptation contemporaine d’un mythe ».

L’intrigue

Pasiphaé, reine de Crète, s’éprend de Poséidon dissimulé sous les traits d’un taureau blanc ; en naîtra un être à corps d’homme et à tête de taureau. Ce Minotaure ou « taureau de Minos » roi de Crète, est également nommé Astérion, du nom même du père de Minos. Souhaitant le dissimuler au regard des hommes, Minos fait construire par Dédale un labyrinthe pour l’y enfermer.
Le pivot de l’histoire apparaît lorsque le fils héritier de Minos meurt sous les sabots d’un taureau à Athènes. En conséquence Égée, roi de cette cité, doit livrer des jeunes à sacrifier à Astérion. Par la suite, le propre fils d’Égée, Thésée (celui-là même qui fera partie de la compagnie de Jason sur l’Argo) arrive sur l’île pour tuer Astérion. Séduisant Arianne, la fille de Minos et de Pasiphaé, il parvient à obtenir de Dédale les moyens de vaincre Astérion.

La pièce

La pièce jouée ici se déroule de la naissance à la mort d’Astérion. Contrairement à d’autres adaptations, le point de focal n’est pas l’accomplissement héroïque de Thésée mais l’aspect humain d’Astérion, son exclusion du monde et sa solitude ; ce mythe devient tragédie. Cette humanité est renforcée par l’absence de masque ou d’artifice particulier. En outre, il est intéressant de soulever que ces deux personnages, le héros et le martyr, sont interprétés par un même acteur, Léo Bossavit.

Cette scénographie épurée est aussi visible dans les décors : un drap vibrant aux jeux de lumières et de sons parvient à créer l’ambiance voulue. Ce choix de la simplicité est contrebalancé par un savant mélange issu du théâtre classique fait de vers rimés (ah la douce musique des alexandrins), de chants et de danses – dont des jeunes athéniens. La conteuse Cerise Meulenyser, qui intervient sporadiquement, apporte mouvement, dynamisme et humour à cette tragédie souffrant parfois de discours un peu trop déclamatoires.

En conclusion, malgré un déroulement et un dénouement bien connus, je me suis laissée guider dans cette interprétation résolument contemporaine aux accents classiques maîtrisés, où l’individu exclu et la folie des hommes dominent l’arrogant Thésée.

Marie

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